mercredi 23 septembre 2020

Marché de village en Thrace à la saison des « Turşu »

 Assignée à résidence d’été mais il y eut, malgré tout, l’hebdomadaire ravitaillement au marché de Yeniçiftlik, les samedis.



L’été s’en va à petits pas, et les étals toujours aussi colorés ont cependant changé d’allure. C’est la saison des fraises d’automne et elles se font remarquer ! Elles pavoisent maintenant en compagnie des poires, des raisins, des pommes, des figues, des canneberges, des premières mandarines à peau verte et des dernières pêches. Melons et pastèques ont encore du succès.


Après les montagnes de tomates qui se sont vendues par cagettes pour se faire stériliser en bocaux, c’est le tour des légumes destinés à la conservation en saumure. Et ici les cornichons ne sont pas les seuls concernés !

Les piments et poivrons divers, doux ou forts, les choux blancs, tomates vertes, carottes, haricots verts, et parfois les aubergines vont se retrouver baignant dans la mixture salée et vinaigrée qui va les rendre tendres et croquants à souhait pour accompagner tous les plats de l’hiver…






De même cette curieuse cucurbitacée nommé acur en turc, entre le concombre et la courgette et qui peut mesurer jusqu'à 1 m de longueur.

De la même famille, ce petit melon que l’on appel kelek, n’a pas eu l’occasion de terminer sa croissance en temps voulu, mais il est bien décoratif et participera à la farandole des saveurs.

Pour désigner cette conserve de légumes variés un seul nom : Turşu (prononciation : tourchou) qui fait saliver les amateurs, et ils sont nombreux !

Je croyais qu’une fois les bocaux remplis de leurs ingrédients, il était impératif de les conserver dans un lieu sec à l’abri de la lumière pendant au moins trois semaines, avant consommation. 


Apparemment ceux de la voisine apprécient les bains de soleil en plein milieu du jardin. Ou bien est-ce pour les faire admirer ? 

L’occasion était trop belle et méritait bien la photo ! Rien ne manque, pas même les pois chiches et les gousses d’ail nécessaires à la bonne maturation et conservation de cette remarquable réalisation.  En guise de félicitations il convient de dire « Ellerinize  sağlık! » (Traduction de cette expression qui n’a pas d’équivalence en français : santé à vos mains !)

 

mardi 1 septembre 2020

Assignée à résidence d’été

Entre baignade, lecture et jardinage, les semaines se sont succédé dans un environnement plutôt privilégié.


Monotonie de la répétition, absence de fantaisie, prudente mise en pause des festivités estivales, des vagabondages impromptus, des escapades improvisées, des réunions familiales ou amicales insouciantes… Il a bien fallu s’adapter à ces restrictions afin de se comporter de façon respectueuse et responsable envers les autres.

Et puis d’autres turbulences venues s’ajouter à la crainte de la situation sanitaire et économique ont aiguisé la conscience de notre vulnérabilité tout au long de cet été décidément pas comme les autres.

Pour remplir des journées trop longues, pour tenter de chasser les inquiétudes, il ne restait plus qu’à se concentrer sur des activités simples et les apprécier.

Une marche matinale pour savourer la liberté de circuler fut souvent suivie de quelques lents mouvements de Qi Gong afin de maintenir un équilibre mental en maitrisant le souffle autant que possible. Une méditation devant l’étendue des flots avant que le soleil ne darde trop fort ses rayons ne fut pas superflue pour éloigner les idées toxiques en laissant le regard s’attarder sur quelques barques de pêcheurs, ponctuant parfois de virgules la ligne d’horizon.

Au fil des semaines, il y eut la récolte des abricots dont les tout premiers, début juillet.


Puis la cuisson des confitures, production maison qui aurait été plus abondante si des chapardeurs n’avaient nuitamment délesté les branches de la moitié de leurs fruits…

La récente récolte des poires fut plus abondante que l’année passée malgré la faible croissance de l’arbre planté en 2013, bien moins rapide que celle d’Elvan qui depuis ses premières compotes a exprimé une préférence pour ce fruit.


Il n’aura pas eu l’occasion de les cueillir ni d’en manger cette année ! Pas dégusté non plus la tarte pomme/poire. Il a passé loin d’ici, en Corrèze, ses vacances et c’est aujourd’hui pour lui la rentrée en CE2…


Comme les précédents étés j’ai ramassé les fleurs de guimauve, les pignons de pin, et généreusement garni en simit les mangeoires suspendues aux branches du sapin pour le plaisir d’entendre chanter les mésanges, les regarder picorer les graines de sésame.


Il y en avait une nouvelle cette année accrochée au tilleul, confectionnée et joliment décorée en avril par Elvan.

 

En soirée il y eut des crépuscules colorés, des nuages aux allures d’anges, des clairs de lune scintillants…




 

Et tout au long des journées, la compagnie de Mimi, chat fidèle qui revient depuis sept années consécutives réclamer sa pitance et surtout des câlins. Pas rancunier, il vient se frotter dans nos jambes dès le premier jour de notre arrivée en guise de bienvenue. Appréciant en épicurien le confort des coussins pendant quelques mois, il semble s’être résigné avec sagesse à une vie moins facile le reste du temps. Une sorte de vagabond apprivoisé et pacifique, se tenant à bonne distance des conflits qu’entretiennent parfois ses congénères.

 

Depuis deux semaines, les cigognes se sont rassemblées dans le ciel en préparation du grand départ. 




Généralement c’est aussi le signal de la migration des citadins vers la ville, mais cette année, il est bien possible qu’ils s’attardent davantage dans cet environnement rural et peu touristique de Thrace orientale pour tenter d’échapper à la promiscuité urbaine où le virus redouté circule plus activement, faisant planer sur les prochains mois une nuée d’incertitudes.


mardi 23 juin 2020

Le déconfinement vu du ciel, retour à Istanbul


Le 15 juin un message du Consulat de France à Istanbul communiquait les informations sur les mesures prises par les autorités turques et sur les liaisons aériennes avec la France.
« Les Français et les ressortissants des pays tiers sont désormais autorisés à entrer en Turquie par les frontières terrestres, maritimes et aériennes, à l’exception des postes frontières avec l’Iran. Ils seront soumis à un contrôle sanitaire à leur arrivée. En l’absence de symptômes, l’obligation de quarantaine (à domicile) a été levée. En cas de symptômes, un test PCR gratuit pourra être effectué et les personnes seront, le cas échéant, dirigées vers une structure de soins. »
D’après le message, la réciprocité ne semble pas être de mise et l’arrivée en France est soumise à conditions :
« Seules les personnes actuellement autorisées à entrer dans l’espace Schengen sont, pour l’instant, autorisées à embarquer sur ces vols :  Français et leurs conjoints et enfants – à condition s’ils n’ont pas la nationalité française d’avoir un visa —, ressortissants des pays de l’UE et pays assimilés résidant en France de manière permanente, ressortissants turcs et de pays tiers titulaires de cartes de séjour en cours de validité. Les personnes entrant en France doivent également se munir des attestations requises (attestation de déplacement international et de non-présentation des symptômes) et doivent également, jusqu’à nouvel ordre, observer une quatorzaine « volontaire » à leur arrivée en France. »
Précisions concernant la fréquence des vols:
« Turkish Airlines a annoncé son intention d’assurer, dans la seconde moitié du mois de juin, les dessertes de Paris (5 vols par semaine à partir du 15 juin) et de Lyon (3 fois par semaine à partir du 17 juin) au départ de l’aéroport International d’Istanbul. Des vols directs vers la France sont également annoncés par les compagnies Anadolu Jet (Paris au départ de Sabiha Gökçen et d’Ankara), Sun Express (Paris au départ d’Izmir puis à partir du 6 juillet, Lyon au départ d’Izmir) et Pegasus. »

  
Après un séjour parisien de 102 jours dont 57 de confinement, la décision de repartir n’a cependant pas été évidente, consciente du lien entre trafic aérien et diffusion des épidémies.
Sans l’insouciance habituelle d’avoir la liberté d’aller et revenir à tout moment, j’ai choisi cependant de franchir la frontière.
Le départ s’est fait au terminal 2E. Apparemment le terminal 1 de l’aéroport Charles de Gaule d’où partent habituellement les trois vols quotidiens de la compagnie Turkish Airlines est encore fermé.

L’embarquement s’est déroulé de façon traditionnelle, c'est-à-dire longue file d’attente pour atteindre les guichets, même en ayant pris la précaution d’imprimer préalablement la carte d’embarquement. Absence de borne sur place. Dans la file, distanciation physique à peu près respectée et port du masque chirurgical obligatoire. Vue l’affluence de passagers en partance, le Boeing 777-300 (2+4+2 de front, en classe économique) va être au maximum de son remplissage.
Prise de température frontale au contrôle passeport et bagages cabine.
L’embarquement par petit groupe a pris du temps. Quasiment aucun siège vide, mais tout le monde est masqué.
Il ne reste plus qu’à accorder notre confiance aux débits de ventilation, à l’efficacité des filtres de l’appareil, et à la pureté de l’air pompé à 10.000 mètres d’altitude.

La collation proposée est réduite à la distribution d’un sachet individuel contenant un sandwich, une bouteille d’eau, un jus de fruits et un petit cake. Je n’en attendais pas tant. De toute façon l’appétit n’est pas au rendez-vous et je préfère garder le masque bien accroché à mes oreilles. Ma voisine n’a pas la même vision des choses et dévore ses portions. Elle se laisse même tenter par mon sandwich intact dans son emballage au fond du sachet papier. Il faut dire qu’elle a essayé d’engager la conversation dès le décollage mais que mes réponses elliptiques l’ont finalement fait se tourner vers sa voisine de couloir.  
Pendant le vol une attestation sur l’honneur d’absence de symptômes doit être remplie précisant l’adresse de résidence en Turquie, numéros de téléphone personnel et d’un contact. Elle doit être remise impérativement au contrôle passeport afin de pouvoir rapidement contacter dans les jours suivants, les passagers ayant côtoyés des cas déclarés positifs au Covid-19.

Trois heures après le décollage, l’avion amorce la descente et survole les côtes de la Marmara. Derrière le hublot, un paysage familier se dessine : la région de Tekirdağ (environ 100 km d’Istanbul) où j’aurai peut-être bientôt la liberté de séjourner quelques semaines…


Sur le tarmac, la plupart des avions de la compagnie sont encore cloués au sol et éloignés des terminaux.


A l’arrivée le protocole sanitaire est en place : des caméras infrarouges traquent les éventuelles températures suspectes, le port du masque est obligatoire à l’intérieur comme à l’extérieur et des distributeurs de gel hydroalcoolique sont présents. La distanciation physique est matérialisée par marquage au sol et aménagement des files d’attente au contrôle passeport. Pour la récupération des bagages c’est un peu plus flou.
Les visiteurs ne sont pas acceptés dans le hall d’arrivée. Ils attendent à l’extérieur. Par contre pour le moment, le parking est gratuit.

Arrivée avant-hier, j’ai bien l'intention de restreindre les retrouvailles et de m’imposer la plus grande prudence encore plusieurs jours après ces heures de promiscuité. Ensuite on pourra limiter les précautions aux gestes barrières en vigueur sur le territoire turc.

jeudi 18 juin 2020

Flâneries au Parc Floral


Si le parc de Sceaux m’offrit un premier retour au vert, il me tardait de retrouver les allées du Parc Floral, en bordure du Bois de Vincennes. Impensable de ne pas y faire au moins une visite lors d’un séjour parisien. Et pourtant, lui aussi fut inaccessible de longs mois. Il est certes trop tard pour contempler cette extraordinaire explosion de couleurs, ce feu d’artifice végétal qui embrase au printemps les massifs de tulipes, de pivoines, de rhododendrons, les magnolias, les azalées, les glycines…
Tous ces végétaux ont fleuri cette année à l’abri des regards, puis se sont fanés. Mais derrière les rideaux boisés déclinant de jolis tons de vert d’autres floraisons réservent encore des surprises aux amateurs d’art floral.


Les massifs d’hortensias s’efforcent de rafler la vedette aux clochettes des fuchsias, aux plumeaux des astilbes, en arborant des variétés plus originales que les classiques boules rose ou bleu.







Au détour d'une allée il n'est pas rare de croiser l'un des paons aux couleurs extravagantes, au cri si reconnaissable " léon, léon...", animal préféré de la déesse  Héra selon la mythologie grecque. Perché sur un banc ou sur le toit d'un pavillon, il se pavane aussi volontiers devant les objectifs des visiteurs et parfois daigne faire la roue. 




Plus loin, le jardin insolite propose en cette saison la floraison spectaculaire d’un goyavier.




La promenade couverte de la vallée des fleurs offre dans ses patios et pavillons de belles collections appréciées des amateurs de botanique. Dont celles-ci :
Le jardin primitif avec des espèces existant depuis plusieurs dizaines de millions d’années


Les bonsaïs








Les plantes textiles, tinctoriales et cosmétiques (photos: patchouli, vétiverhamamélis)









Dans chacun de ces espaces de nombreux bancs, des pelouses, permettent de goûter un précieux moment de quiétude et de repos. Un petit bonheur enfin retrouvé!