lundi 14 septembre 2026

«Préhistoire entre utopie et réalité» au Collège de France

Du 29 avril au 19 juillet 2026, le Collège de France présentait une exposition gratuite d’un intérêt pédagogique remarquable. 



Vue en juin dernier et bien que terminée, un retour en photos et fiches explicatives de ce véritable cours d’histoire de la préhistoire devrait en cette période de rentrée scolaire, satisfaire tous ceux qui l’ont manquée.



Boucher de Perthes est le premier à vouloir démontrer la véracité de son point de vue concernant l'existence d'une préhistoire de l'humanité et à proposer une réflexion d'ensemble sur la stratigraphie appliquée à l'archéologie.


Buste de Jacques Boucher de Perthes en marbre blanc, Gédéon Forceville, 1865.











Les gravures et sculptures ne sont pas les seules productions artistiques. Comme l’attestent quelques objets, la musique n’était pas absente. 




Conque de la grotte de Marsoulas, fac similé en résine





Spécimens Homo Sapiens au premier plan pour une échelle de grandeur ! Une maman enthousiaste et son bébé endormi qui sera sans aucun doute beaucoup plus réceptif aux apprentissages de l’histoire dans les futures années…

















Dans cette exposition, les sites préhistoriques anatoliens (Turquie) ne sont pas évoqués, néanmoins un ouvrage au titre évocateur sur le présentoir des bandes dessinées retient l’attention : une publication en français d’un auteur turc, «Tepe, la colline» de Firat Yaşa dont la trame du récit se situe entre paléolithique et néolithique sur la colline de Göbeklitepe (site archéologique de grand intérêt).






Des bornes interactives pour susciter des vocations… et en complément une visite virtuelle est toujours possible sur le site web du 
Collège de France

Collège de France : 11, place Marcellin Berthelot, 75005 Paris

Sources : 
Livret de visite édité par le Collège de France 
«Hominidés, les évolutions de l’homme», un article sur l'exposition.  
Bande dessinée «Tepe, la colline» de Firat Yaşa https://www.bdgest.com/chronique-12310-BD-Tepe-La-Colline-Tepe-La-Colline.html
  

lundi 29 juin 2026

Exposition « Clair-obscur » au musée de La Bourse de Commerce

Entre patrimoine et création contemporaine, une visite de cette exposition est un bon plan pour échapper quelques heures à la canicule qui fait suffoquer la capitale !



A proximité du Forum des Halles et de l’église Saint-Eustache, dans le prolongement de la Canopée et du jardin Nelson-Mandela, se dresse un surprenant bâtiment de plan circulaire évoquant à la fois le Colisée et le Panthéon de Rome.
En ces lieux au 16e siècle se dressait l’hôtel de la Reine Catherine de Médicis, demeure royale rebaptisée hôtel de Soissons sous Henri IV.


La colonne Médicis, ou colonne astrologique contenant un escalier à vis menant à une plateforme surmontée d'une structure métallique, communicante aux appartements royaux, fut épargnée à la destruction du palais. Une halle aux blés fut construite en 1763 et réaménagée pour accueillir la Bourse de Commerce de Paris à partir de 1889 jusqu’en 2016. La mairie de Paris en accorde alors l’usage à l’homme d’affaires, François Pinault, pour la présentation de ses collections d’art contemporain regroupant 10 000 œuvres.
 

L'architecte japonais de renom Tadao Ando a été choisi pour transformer en musée d'art, l’édifice historique protégé.
L’espace remodelé entre tradition et modernité a ouvert ses portes le 22 mai 2021. Déjà plusieurs expositions des collections Pinault s’y sont succédé venant témoigner que l’art contemporain prend ses racines dans notre passé et notre histoire.

L'exposition « Clair-obscur » présente une sélection d’une centaine d’œuvres, d’une trentaine d’artistes, qui invite à une déambulation entre obscurité et lumière, technique picturale née dans l’antiquité et maitrisée au 16e et 17e siècles pour modeler des volumes sur les toiles, y faire apparaitre des visages, des objets, en dissimuler d’autres. (Le Caravage, Rembrandt, etc.) 
On peut y déceler une métaphore pour analyser le présent en suggérant qu'il faut parfois observer l'obscurité du monde pour y discerner une lueur.



Nos pas sont d’emblée attirés par la Rotonde surmontée d’une impressionnante coupole de verre diffusant généreusement la lumière, et cernée d’une fresque sur toile marouflée de 140 mètres de long et 10 mètres de hauteur, représentant le commerce entre la France et les cinq continents, œuvre collective d’Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889), Georges Clairin (1843-1919), Marie-Félix Hippolyte-Lucas (1854-1925), Désiré-François Laugée (1823-1896), et Evariste-Vital Luminais (1821-1896) qui fut réalisée pour l’exposition universelle de 1889.


On y est agréablement enveloppé par la fraicheur qu’offrent les lieux investis par l’œuvre de Fujiko Nakaya, Cloud#07156, déclinaison intérieure d’une de ses « sculptures de brouillard », habituellement présentées en extérieur. Les visiteurs y évoluent avec délice, participant à la matérialisation de la circulation de l’air dans l’espace et s’y fondant jusqu'à devenir invisibles.
 

Surprenant les visiteurs qui attendent l’ascenseur, une souris animatronique les interpelle depuis un trou creusé dans le mur dans une mise en scène datée de 2019 de Ryan Gander (né en 1976 à Chester). Elle sort et rentre son museau, infatigable rescapée d’une époque révolue, témoignant peut être d'une des premières affectations des lieux, une halle aux blés.
 
Laura Lamiel, née en 1943, a installé dans les vitrines de la Rotonde des objets du quotidien qu’on ne voit plus tellement leur présence nous est familière… des visibles deviennent invisibles et requiert pourtant un attentif regard.




Avant d'accéder aux niveaux supérieurs, découvrons Sigmar Polke (1941-2010)


Victor Man, Maternity with Legend, huile sur toile 2024


Victor Man, Rupture, huile sur toile 2019/2020



Au niveau 1, les œuvres de l’artiste roumain Victor Man, né en 1974, sont révélées dans la galerie 3 qui lui est consacrée. Elle en présente dix, réalisées entre 2012 et 2025, entre banalité du quotidien et grandeur de l’universel dans une palette assombrie.

Au niveau 2, la galerie 4 invite à voyager dans l'inconscience, les images mentales d'une rêverie.






Le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale a bouleversé la vision du monde de plusieurs artistes dont Jean Dubuffet (1901-1985), Alberto Giacometti (1901-1966), Maria Martins (1894-1973) et Germaine Richier (1902-1959) et leurs productions en témoignent dans la galerie 7 par des corps humains en mutation encore reconnaissables.







Ils deviennent dans le dernier tiers du 20e siècle des ombres disloquées par l’expérience des camps de concentration et du cancer pour la polonaise Alina Szapocznikow (1926-1973), Filozof, 1965, fonte du bronze en 2022.




La colonisation et l'exil pour Danh Vo né au Vietnam en 1975,



Hécatombe liée au sida pour Robert Gober né aux États-Unis en 1954.

La galerie 5 réunit sur le thème de l'incandescence, des oeuvres explorant les potentialités spirituelles et existentielles de l’âme humaine dans un monde de plus en plus terre à terre.   


Louis Soutter, Crépuscule du gangster, 1937/1942, encre et gouache sur papier

 
Louis Soutter, 
, Crucifixion, 1942, et Eclaboussures du crime, 1937, encre et gouache sur papier
 

Jean-Luc Moulène, Burning Hand (Cyrille), 2021, Bronze et verre.



Bill Viola, Fire Woman, 2005, installation vidéo et sonore



Bill Viola (1951-2024) hanté par la question du seuil séparant la vie et la mort a cherché à retranscrire physiquement et symboliquement ces espaces limites.


Autre clin d’œil au passé du quartier des Halles sans doute, un drôle de lampadaire s'est encastré dans l'architecture de la Bourse de Commerce. Compagnon d’errance nocturne un peu éméché. Il s'agit de l'œuvre Ohne Titel réalisée en 1989 par l'artiste allemand Martin Kippenberger. Sa petite lumière rouge nous guide peut être vers un meilleur possible.



Depuis le niveau 3 on peut admirer les alentours, église Saint Eustache, Forum des Halles et sa Canopée, jardins et au fond Beaubourg actuellement en restauration. On y découvre des informations sur l’histoire de l’édifice et de quoi se désaltérer.
 
Fermé le mardi. Ouvert les autres jours de 11h00 à 19h00 avec nocturne jusqu’à 21H00 le vendredi. Du mercredi 4 mars au lundi 24 août 2026.
 
Sources
Le Livret de visite de l’exposition