lundi 21 octobre 2013

Au sommet du mont Olympos (Tahtalı)

En ce mois d’octobre une attirance pour les hauteurs…
Après la tour Sapphire et la citadelle Yoros à Istanbul, me voilà sur un sommet des chaînes du Taurus dans le Sud-Ouest de la Turquie… Histoire de voir les choses avec du recul sans doute…
En tout cas pour avoir une vue d’ensemble sur la région d’Antalya avant de profiter de la plage et de revisiter quelques sites gréco-romains c’est le bon plan.
Depuis la route Antalya-Finike, il faut bifurquer à droite après Çamyuva. Une pancarte signale sans équivoque la direction à prendre pour accéder au téléphérique. La petite route qui serpente dans la pinède vous mène sur 8 km à la station de départ. Déjà d’ici, à 726 m d’altitude, beau panorama sur la côte méditerranéenne… Mais ce n’est qu’une étape.


Toutes les demi-heures une cabine part vers le sommet (2365 m), tandis que l’autre redescend. Légère sensation de toboggan à chacun des passages des quatre pylônes.

 Crédit photographique: Pierre B





Inauguré en 2007, le téléphérique de Tahtalı vous fait parcourir 4 350 m en 10 mn, survolant la forêt de cèdres et la paroi rocheuse.



Une petite merveille d’ingénierie et de technologie réalisée par une société Suisse et qui bien sûr doit être rentabilisée ! Prix du billet aller-retour : 30€ (55 TL pour les Turcs) 
Vue imprenable et petit vent frisquet vous attendent sur la terrasse de la station en amont.



Des parapentistes se préparent à prendre leur envol… tandis que des touristes prennent la pose!



Crédit photographique: Martine N


dimanche 20 octobre 2013

La citadelle Yoros, observatoire sur le troisième pont du Bosphore

Pour appréhender les « projets fous » du gouvernement turc, il n’est pas inutile de prendre de la hauteur ! C’est la raison de cette énième promenade à l’extrémité nord du Bosphore sur la colline surplombant Anadolu Kavak, village de pêcheurs reconverti dans la restauration touristique. 


La grimpette conduit aux ruines d’un château fortifié byzantin renforcé par les Génois au 14e siècle et restauré par Mehmet le Conquérant. Il abrita une garnison puis une prison sous l’empire ottoman. On pouvait visiter la cour intérieure il n’y a pas si longtemps et y voir des armoiries byzantines et génoises, mais elle n’est plus accessible. Les deux tours témoignent de la robustesse de la citadelle Yoros et pour le reste il faudra convoquer ses souvenirs ou son imagination…
Du promontoire le regard, émerveillé autrefois, incrédule et attristé aujourd’hui, se porte sur l’embouchure de la mer Noire, théâtre de mythologiques aventures. 


La légende des Symplégades, ces roches flottantes qui s’entrechoquaient pour broyer les navires ayant l’audace de vouloir emprunter le passage n’impressionne plus personne depuis longtemps. Les rives, à Garipçe et Poyrazköy, sont déjà marquées des stigmates de la construction du troisième pont sur le Bosphore qui a commencé en mai 2013 et dont l’inauguration est programmée pour 2015. Les piliers qui s’élèveront à 325m et le tablier de 58m de largeur (8 voies routières et 2 ferroviaires) vont avoir du mal à se fondre dans le paysage. Exit le panorama verdoyant protégé jusqu’alors de l’urbanisation galopante car aux alentours du pont et du réseau autoroutier il serait utopique d’espérer que la forêt environnante puisse résister longtemps aux assauts de la spéculation immobilière…

Garipçe, sur la rive européenne
Poyrazköy, sur la rive asiatique
A l’heure où les Stambouliotes affrontent ce weekend d’inextricables embouteillages à l’occasion du retour de congés prolongés de la fête du sacrifice (kurban bayramı), on peut douter que ce troisième pont leur rende la vie plus facile à l’avenir.
La construction des deux précédents, pont du Bosphore (1973), entre Ortaköy (rive européenne) et Beylerbeyi (rive asiatique), et pont Fatih Sultan Mehmet (1988), entre Hisarüstü (rive européenne) et Kavacık (rive asiatique), était accompagnée de cet espoir. Croissance urbaine et  développement du parc automobile l’ont rapidement anéanti.
Les objections avisées de planificateurs urbains et d’architectes d’Istanbul, sur la construction et surtout sur le choix d’implantation du 3e pont, n’ont pas été entendues. Le dépit de n’avoir rien pu faire pour empêcher la réalisation de ce projet n’est surement pas étranger à la détermination de la contestation concernant la destruction du parc Gezi, place Taksim.

Je me souviens d’un dépliant qui vantait les beautés des colliers de perles du Bosphore. Il ne s’agissait pas de l’unique pont d’alors mais des Yalı, demeures élégantes bordant le détroit… Aujourd’hui Istanbul se prépare à suspendre à son cou un nouveau collier, scintillant comme les deux autres des illuminations multicolores qu’on lui réserve, sans doute, la nuit tombée… Parure supplémentaire qui pourrait bien être celle de trop et l’étrangler. 


Pour ceux que le sujet intéresse, un article à connotation moins sentimentale que le mien : 
Benoît Montabone et Yoann Morvan, "Istanbul : la carte du troisième pont sur le Bosphore.", EspacesTemps.net, Objets, 18.04.2011

jeudi 10 octobre 2013

De la terrasse de la tour Sapphire


Depuis la construction des deux tours jumelles du Sabanci Center en 1993, les buildings ont poussé comme des champignons sur les collines en friches qui bordaient le quartier résidentiel de Levent, construit dans les années cinquante et relié à Beşiktaş par le boulevard Barbaros. Ils font désormais de l’ombre aux petites maisons entourées de jardinets et même aux immeubles d'habitations s’agglutinant à la périphérie depuis les années soixante dix.
Royaume des banques et holdings ce centre des affaires est aussi celui des centres commerciaux, Metro City et Canyon, dont les niveaux supérieurs sont occupés par de luxueux  appartements. 

La tour Sapphire vue depuis le 11e étage de mon immeuble

Même concept pour la tour Sapphire, inaugurée en 2011, qui est pour l’instant la plus haute avec ses 236m de verre et de béton.
Du 55e étage, la vue panoramique sur Istanbul restait à découvrir.
C’est chose faite en venant de partager cette expérience vertigineuse avec des amis de passage un jour de météo favorable… 


A vos pieds, derrière les vitres, le regard plonge sur deux continents, deux mers, deux ponts, des monuments de l’historique Istanbul, le sérail, les mosquées impériales, la tour de Léandre et celle de Galata, au loin... 


Entrée du détroit, côté mer de Marmara




A l'horizon, un peu à droite des buildings de Maslak, l'autre embouchure du détroit, côté mer Noire 

Les yeux s’écarquillent en appréhendant la métropole et ses nouvelles constructions, stade de Galatasaray, quartier de Maslak, piliers du troisième pont émergeant à l’embouchure du Bosphore côté mer noire… Une ville en ébullition que bien des Stambouliotes ont du mal à reconnaître.
Pour faire des photos sans reflet de vitrage, mieux vaut grimper les quelques marches qui mènent à la terrasse en plein air et son estrade d’observation.




jeudi 26 septembre 2013

Dans les rues entre Zeyrek et Fatih


Surplombant le boulevard Atatürk, le quartier n’a pas vraiment changé depuis la précédente visite en février 2011. Rares sont les demeures anciennes restaurées tandis que d’autres épargnées par les flammes attendent une rénovation providentielle.



A ce propos et pour information, l’historique caserne de Fatih n’abrite plus depuis trois ans le musée des pompiers que nous avions projeté de visiter. Il se trouve à Beşiktaş, mais il est fermé pour rénovation.


Nous arpentons l’endroit populairement connu comme la petite Siirt (ville du Sud-Est anatolien) car les habitants sont pour la plupart originaires de cette région. 







Une rue en particulier offre tout un choix de produits régionaux. C’est le « kadınlar pazarı » (marché des femmes) lieu où paradoxalement, commerçants et acheteurs sont en majorité masculins…
Odorats délicats s’abstenir car si les photos qui suivent évoquent des effluves d’épices et de miel, les boucheries et triperies sont aussi nombreuses et leurs étalages surprenants.






Le choc olfactif surmonté, vous pourrez y découvrir, maş (petits haricots secs), menengiç (fruits du pistachier térébinthe) qui en Turquie est utilisé grillé et consommé comme le café ou encore sous l’aspect d’une confiture pour ses propriétés médicinales, et bien d’autres produits comme des fromages, du miel, des pâtes de fruits en feuilles etc. directement importés de la région.


Non ce n'est pas du savon, mais du fromage




Des pistaches fraîches

Terrasses et restaurants complètent cette ambiance villageoise et nous y avons testé une adresse réputée : Siirt Şeref Büryan Kebap salonu situé juste à coté de l’aqueduc.


Un ayran un peu trop aigrelet à mon goût...

Le "perde pilav" au poulet... délicieux

La viande d'agneau grillée dans un puits et le pide du "büryan": spécialité savoureuse


Le périple commencé près de la citerne Theotokos Pantokrator s’achève sur une place dont le nom porte la trace d’un passé hippique (at meydanı), probablement moins prestigieux que l’autre hippodrome situé à coté de la mosquée bleue.  Elle est ornée d’une statue qui le confirme. 


Mais le petit café ombragé annoncé a perdu de son charme. D’autres ont poussé aux alentours encouragés par quelques rénovations d’habitations censées annoncer une transformation du quartier, et espérant un afflux de touristes. Le lucratif a remplacé le pittoresque…