vendredi 24 mars 2017

Printemps à Paris

Dans les jardins, les parcs, les squares, la spectaculaire floraison des cerisiers fait le bonheur des passants tout autant que celui des abeilles…


Jardin du Petit Palais


Jardin de la Cité Prost
Mais la sève monte aussi dans les troncs d’autres arbres, même des moins précoces, même des plus cabossés… les cicatrices n’empêchent pas de vivre.

Jardin de l’hôpital St Louis

jeudi 23 mars 2017

Le cimetière de Picpus

Je connaissais vaguement son existence et je suis passée devant le porche des centaines de fois… La rue de Picpus est dans mon quartier. Mais bien souvent, quand on part à la découverte d’un lieu inconnu, on se croit obligé d’aller plus loin, comme si c’était la rançon de la nouveauté. Et puis un après-midi, sans l’avoir programmé, j’en ai franchi l’entrée. 


Les visiteurs ne se bousculent pas. Pour actionner l’ouverture du portail métallique badigeonné de bleu au fond la cour, à gauche de la chapelle et à droite du pavillon Louis XIII, vestige du couvent construit en 1640, le gardien demande 3€. Autre vestige de cette époque, le puits trônant au milieu de la cour.



Une allée bordée d’arbres traverse un long rectangle de gazon et conduit au cimetière, enclos derrière ses murs. Tout au fond, un témoignage de jours sanglants de la Révolution.





Près de la place de la Nation, en ce temps là nommée place du Trône et rebaptisée par les révolutionnaires place du Trône-Renversé, sur la petite place où se dresse l’une des deux colonnes édifiées quelques années plus tôt (en 1785), côté boulevard de Picpus, la guillotine installée d’abord place de la Révolution (place Louis XV de 1748 à 1792 et actuelle place de la Concorde) pour l’exécution, entre autres, de Louis XVI et Marie-Antoinette, fut transportée en ces lieux pour continuer d’y remplir son office macabre entre le 14 juin et le 27 Juillet 1794. En six semaines, furent guillotinés 1 109 hommes (dont 108 gens d’église, 108 ex-nobles, 178 gens d’épée, 136 de robe et 579 du peuple) et 197 femmes (23 religieuses, 51 ex-nobles et 123 du peuple). Leurs noms et professions sont gravés sur des plaques que l’on peut voir dans la chapelle.
C’est sur le terrain d’un couvent confisqué et mis en location, 35 rue de Picpus, que les corps furent entassés dans deux fosses communes creusées à la hâte sans en aviser le nouveau locataire. Ce dernier en avait prestement reconverti les bâtiments en maison de repos, activité très lucrative puisque c’était surtout des membres de la noblesse qui s’y réfugiaient dans l’attente de jours meilleurs. On imagine sa contrariété et celle de ses pensionnaires quand un mur au fond du jardin fut défoncé pour faire passer le plus discrètement possible les sinistres charrettes. L’ouverture sera ensuite murée et masquée par une porte en bois.


Dans la grotte chapelle aujourd’hui disparue, les fossoyeurs triaient les affaires des morts avant de les jeter dans la fosse. Ne subsiste que la porte d’entrée.


Quelques années plus tard les familles des suppliciés, revenus d’exil, en quête des traces de leurs disparus, rachetèrent l’ancien domaine du couvent pour en faire un lieu commémoratif sur l’initiative de la princesse de Hohenzollern-Sigmaringen, de Mme de Montagu et Mme de La Fayette. 

  
Précédant l’enclos fermé au public où se situent les fosses matérialisées par du gravier, un cimetière privé abrite les sépultures de la descendance des guillotinés ayant participé au rachat en souscription de la propriété, dont celle de l’illustre marquis Gilbert Motier de La Fayette (1757-1834), auréolé de son glorieux passé américain que concrétise le drapeau flottant au coin de la pierre tombale.


Sur d’autres tombes et caveaux plus ou moins bien entretenus sont gravés les noms, écussons et devises de nombreuses familles de l'aristocratie française.
On ne peut quitter les lieux sans méditer sur les dérives du pouvoir... Robespierre et sa folie meurtrière sont bien à l'origine de la terreur qu'il fit régner. Il était pourtant un partisan de l'abolition de la peine de mort! 


jeudi 9 mars 2017

Les envahisseurs de la rue de la Roquette

Invader, l’Artiste Vivant Non Identifié qui laisse les traces de son passage sur les murs des quatre coins du monde est particulièrement actif dans le 11e arrondissement de Paris. Dans la rue de la Roquette, à quelques mètres les uns des autres en voici trois…

Près de la place Léon Blum 
Près du square de la Roquette 

Tout près du cimetière du Père Lachaise

dimanche 5 mars 2017

Le Voyage de la Reine de Saba à Jérusalem...

Prolongée jusqu’au 23 mars 2017, il est encore temps de voir tout près des Buttes Chaumont,  une riche exposition ayant pour thèmes le royaume de Saba et sa reine mythique qui entreprit un long voyage pour rencontrer Salomon, roi d’Israël, et mettre à l’épreuve sa réputation de sage et de juste.




La reine et son peuple vénéraient le soleil et les étoiles, mais les trois cultes monothéistes ont été fascinés par le personnage au point de lui donner une place dans les récits bibliques et coraniques, de revendiquer sa conversion au dieu unique.
Elle aurait vécu dans le sud-ouest de l'Arabie au 10e siècle av. JC. Au Yémen ou en Abyssinie (Ethiopie) ? Le mystère n’est pas résolu bien que des traces archéologiques semblent désigner la ville yéménite de Mareb comme la capitale du royaume sabéen sous le règne d’une reine nommée Bilqis. Mais la tradition éthiopienne fonde sa dynastie royale sur l’hypothétique Ménélik 1er fils de cette même reine de Saba (nommée Makeda) et de Salomon.





Ne serait-elle qu’un mirage dans le désert ?
Plusieurs pistes sont présentées et étayées par quelques 200 documents et objets judicieusement choisis, afin d’ancrer le mythe dans la réalité d’un lieu, d’une époque, d’une humanité en marche, de l’histoire…






Les spécialistes dénoncent bien sûr toutes les incohérences des différentes versions que ce voyage a inspirées, mais il n’empêche que dans ce petit espace d’exposition le charme opère. On se laisse embarquer à la suite de cette caravane conduisant la reine jusqu'à Jérusalem, chargée de présents somptueux évoquant toutes les richesses de l’Arabie, l’or, la myrrhe, les aromates et l’encens…


Espace Reine de Saba,  30 rue Pradier 75019 Paris
Exposition :" Le Voyage de la reine de Saba à Jérusalem... à la rencontre du roi Salomon ", tous les jours (sauf lundi) de 14h30 à 18h30 jusqu’au 23 mars 2017 inclus.

lundi 20 février 2017

Les envahisseurs au musée en herbe

Même pour les moins observateurs, impossible de ne pas avoir eu le regard attiré par l’une de ces étranges compositions de carreaux de céramiques collées sur une façade, au coin d’une rue. Surtout que depuis quelques années ils se font moins discrets!
Il y en a plus de 1200 à Paris… Au moins 5 à Istanbul depuis 2003… Près de 3500 sur la planète, dont 2 immergées au fond de l’océan et 1 dans l’espace !



Elles sont l’œuvre d’un artiste français se définissant lui même comme un AVNI, Artiste Vivant Non Identifié et connu sous le pseudonyme Invader.
Il colle incognito et toujours masqué ses envahisseurs de l’espace urbain. Il a commencé en 1998 en s’inspirant de l’iconographie des premiers jeux vidéo (Space Invaders, Galaxian, Tetris…) et en matérialisant les pixels des écrans avec des petits carrés (2,5 X 2,5) ou des carreaux (15 X 15) de céramique, associant ainsi une technique décorative très ancienne, la mosaïque, assemblage de galets (ex: Gordion, 8e siècle av. JC), puis de tesselles (ex: Antakya, 2e et 3e siècles), et une technique très récente, l’image numérique.  
Les sujets se sont diversifiés au fil des années en même temps que l’invasion de 68 villes dans le monde.



Ce phénomène participe au mouvement artistique du 21e siècle, le street art, qui refuse de confiner l'art dans les musées, et a choisi d’offrir ses créations au regard du plus grand nombre dans des endroits stratégiques et parfois inattendus, transformant ainsi les villes en un gigantesque terrain de jeu pour tout ceux qui ont su préserver une part d’enfance... ou le sens de l'humour!



Rien d’étonnant donc à ce que l’artiste Invader ait consenti à exposer pour quelques mois ses œuvres au musée en herbe, s’adressant aux enfants de 3 à 103 ans !
Une excellente occasion d’y emmener Elvan, mon petit fils et de lui faire découvrir cet univers ludique. Des bornes de jeux vidéo d’avant les tablettes, une carte du monde pour situer les mosaïques exposées dans la salle.





Moins connus, les surprenant tableaux en Rubik’s cubes doivent être regardé en prenant du recul sous peine de ne pas voir ce qu’ils représentent.





Et dans la dernière salle un grand tableau quadrillé et des magnets pour laisser libre court à la création en s'inspirant si besoin des modèles...




  
Elvan a été ravi de découvrir celui-ci dans son environnement habituel près du forum des halles, immédiatement identifié puisque Totoro est l'un de ses personnages favoris.



L'exposition « HELLO MY GAME IS… » est jusqu’au 3 septembre 2017 au Musée en Herbe, 23 rue de l’arbre sec, Paris 75001.