mercredi 6 mars 2024

Musée Cernuschi, les collections permanentes

Depuis le legs d’Henri Cernuschi à la ville de Paris en 1896, de nombreuses acquisitions ont enrichi les collections et permettent aujourd’hui de retracer en partie l'histoire des peuples chinois, japonais, coréen ou vietnamien, depuis le néolithique. Au début du 20e siècle, les importantes découvertes archéologiques en Chine et au Vietnam orientent le musée vers les origines des cultures d’Asie Extrême-Orientale.


Au pied du grand escalier la Pagode en « bleu et blanc » est supposée être un modèle réduit de la célèbre pagode de porcelaine de Nankin, monument culminant à 79,6 mètres qui attirait les voyageurs depuis le 17e siècle dans cette ville, et détruit lors de la révolte des Taiping au milieu du 19e siècle.


Lui faisant face, un brûle-parfum au dragon de Kimura Toun, bronze et fonte à la cire perdue, a été réalisé entre 1800 et 1870. Le vase de forme sphérique et son couvercle ajouré sont décorés de phénix et de motifs de nuages en relief. Une frise stylisée entoure le bord supérieur. Le dragon à la féroce gueule barbue dégage, par la tension de son corps sinueux, une puissante énergie.
La visite se prolonge au premier étage avec les collections permanentes qui ont bénéficié récemment d’une nouvelle scénographie muséale, replaçant dans une présentation chronologique les œuvres rapportées par Cernuschi et des pièces plus récemment acquises. À la suite d’achats, de dons, de legs, le musée a triplé la collection d’origine, mais tout n’est pas exposé.
Sur le palier du 1er étage des vitrines dévoilent quantité de pièces de collection qui ont fait l’objet de nombreuses illustrations, dessins, gravures, reproductions en couleur et photographies pour faire connaitre ces œuvres au grand public.







Henri Cernuschi a orchestré une véritable campagne de communication.  

Puis une enfilade de salles permet de découvrir des témoignages des premières cultures chinoises, des objets de facture néolithique, poteries décorées, jade sculpté. La multiplication des contenants en terre cuite caractérise les bouleversements dans les modes de vie du néolithique, comme au Moyen Orient presqu’à la même période (10000-2000 av. notre ère)




Jarres, culture de Banshan (vers 2600 – 2300 av. J.-C.)


Disque ajouré à décor d’oiseau, néphrite, culture post-Shijahe (2100 – 1700 av. notre ère). Le travail de cette pierre dure assimilée au jade devait être fastidieux sans outils métalliques. Ce type d’objet se multiplie à la fin du néolithique et la production se poursuit au début de l’âge de bronze.



Divers ornements zoomorphes sont produits en quantité pendant la période Shang à partir du 15e siècle av. notre ère. 
Mais les dynasties Shang (vers 1500 - 1050 av. notre ère) puis Zhou (1050- 256 av. notre ère), sont majoritairement représentées par des bronzes témoignant de la maîtrise technique et des innovations décoratives des artisans par l’incrustation de cuivre et métaux précieux (vers 550 avant notre ère)


Vase You pour boissons fermentées. Ce type de récipient décoré et pourvu d’un couvercle est réservé aux cérémonies rituelles ou funéraires. Sur la panse on distingue un masque taotie aux grands yeux globuleux sous d'épais sourcils particulièrement impressionnant, représentation stylisée et symétrique d'un animal imaginaire. Chine époque d'Anyang (vers 1300- 1050 av. notre ère), vers 1150 av. notre ère.


Décor semblable de masque taotie pour ce vase Zun en bronze mais sans couvercle, pour boissons fermentées. Chine époque d'Anyang (vers 1300- 1050 av. notre ère), vers 1150 av. notre ère.



Vase Hu en bronze figurant un masque taotie, Chine, époque Shang (vers 1500 - 1050 av. notre ère)


Vase You pour boissons fermentées, en forme de félin, dit « La Tigresse », 11e  siècle av. notre ère (entre -1100 et -1050),
époque Shang (vers 1500 - 1050 av. notre ère). Ce vase en forme de tigre enserrant un être humain est un vase rituel comportant une anse et un couvercle. L’interprétation du décor de l’objet est libre : Scène de prédation ou relation protectrice ? Le visage semble serein et bienveillant!



Vase ding dit "Ge ding", vase rituel tripode aux motifs rubanés décoratifs, destiné à cuire des offrandes carnées et datant du milieu de la dynastie des Zhou de l’Ouest (fin du 10e siècle – début du 9e siècle av. notre ère)



Tombe période Han (206 av. notre ère à 220 après), porte et stèle funéraire.


La vaste salle aux larges verrières et sa mezzanine proposent au regard les œuvres des dynasties impériales couvrant des siècles d’effervescence artistique et de grands bouleversements économiques, politiques, techniques et religieux (commerce intense sur les routes de la soie, introduction du Bouddhisme, travaux d’irrigation, constructions de grandes murailles de protection, mise au point des céladons et de la porcelaine…)


Parenthèse dans la chronologie, la statue la plus imposante est sans conteste le Bouddha Amida (Amitābha), monumental bronze de plus de 4 mètres réalisée au 18e siècle, au Japon. « Rescapée de l’incendie qui détruisit le Banryūji, un petit temple du quartier de Meguro à Tōkyō, cette statue demeura à l’air libre, en pleine végétation, durant des années, avant que Cernuschi ne l’achète en 1871 pour la fabuleuse somme de 500 pièces de monnaie en or ». Le piédestal en forme de lotus et le nimbe comportent des inscriptions mentionnant les supérieurs des temples de l'école Jōdo.

Avant de fermer la parenthèse chronologique, le regard se porte immanquablement sur une autre œuvre spectaculaire.


Frise monumentale de 12 m de long sur 1,50m de haut, sculpture sur bois en haut relief, Japon époque Edo (1603-1868). Ce chef-d'œuvre figurant trois dragons chassant la perle de sagesse entre vagues et nuages, est exposé pour la première fois dans son intégralité depuis les années 1930. Il a été spécialement restauré à l'occasion de la célébration du 150ème anniversaire du Retour d'Asie d'Henri Cernuschi. Finesse d’exécution et maitrise technique n’en finissent plus de fasciner conservateurs et historiens de l’architecture.
Au premier plan à gauche Bodhisattva en bronze. Époque Edo (1603-1868) Japon.

Puis nous retrouvons les dynasties impériales chinoises et les témoignages qui nous sont parvenus. En particulier les mingqi*, trouvés en abondance dans les tombes au côté de récipients à offrandes, nous racontent des détails de la vie quotidienne, relations sociales et commerciales, activités agricoles, divertissements, croyances…  
La statuaire bien représentée offre d’autre part une perception de la diffusion du bouddhisme véhiculé depuis l’Inde par les routes de la soie dès le 1er siècle de notre ère. Le bouddhisme trouva un terrain favorable dans le contexte spirituel de la Chine dominé par le confucianisme, né de l’enseignement de Confucius (551-479 av. notre ère), et le taoïsme, issu des anciennes croyances dans les esprits et formulé par Lao-Tseu, censé avoir vécu vers le 6e siècle av. notre ère.


Vase Wenjiu zun, terre cuite peinte à décors incisés, Chine dynastie des Han de l’Ouest (206 av. notre ère – 9 ap. notre ère)



Tour, terre cuite et glaçure, mingqi, Chine dynastie des Han de l’Est (entre 25 et 220). Ce substitut funéraire d’architecture est utile pour comprendre les structures en bois apparues dans le centre-nord de la Chine vers le milieu de l’époque des Han de l’Est. Bien qu’elles aient toutes disparu, les scientifiques supposent qu’elles avaient des fonctions de guet, de délassement, voire de lien spirituel avec le monde des immortels.



Modèle réduit d’habitation retrouvé dans une sépulture. Terre cuite, mingqi, Vietnam époque Giao Chi (1er -3e siècle)


Récipients à offrandes retrouvés dans des sépultures, grès blanc à couverte ivoire et email vert, Vietnam époque Giao Chi (1er -3e siècle) sous administration chinoise.


Jarre, grès revêtu d’une couverte transparente aux reflets verts. Chine du Nord, époque Sui (581-618)




Tête de bodhisattva, grès, Chine époque Tang (618-907), 7e siècle.



Marchand sogdien et cheval, terre cuite, statuette mingqi, Chine époque Tang (618-907)


Chameau terre cuite à trois glaçures, mingqi, Chine époque Tang (618-907),  entre 700 
et 750.


Roi céleste, terre cuite à glaçure trois couleurs (sancai), Tang (618-907), première moitié du 8e siècle.


Figure féminine
 représentant une dame de la cour de la dynastie Tang (618-907), mingqi, terre cuite du 8e siècle, Chine.


Cavalières-musiciennes, terre cuite, polychromie beige, orange, carmin, noir et vert, mingqi, Chine époque Tang (618-907), début du 8
e siècle.  




Bouddha Amitābha(Amida), marbre, polychromie, bien que son style évoque l’esthétique épurée des Qi du Nord (550-577), cette œuvre est replacée dans une production archaïsante réalisée à l’époque des Liao (907-1125), dans le nord-ouest du Hebei


Bodhisattva Avalokitesvara / Guanyin pusa, bronze laqué et doré, Chine époque Yuan (1271 à 1368), 14e siècle. Cette posture de délassement, caractéristique des représentations d’Avalokitésvara dans sa demeure du mont Potala s’inspire à la fois de la statuaire indienne et des représentations chinoises d’immortels ou de sages. Les influences népalaises sont fréquentes dans l’art bouddhique des Yuan. (Dynastie mongole dont le premier empereur fut Kubilaï Khan)


Bouddha, statuette, objet religieux, bronze et dorure, Chine époque Ming (1368-1644), règne de l’empereur Xuande (1426/1435). La position debout et le vêtement font écho à l’art gréco-bouddhique du Gandhâra.
La statuette reproduirait la fameuse statue du Bouddha réalisée en Inde en cachette du Bienheureux afin d’immortaliser ses traits. Ce portrait serait parvenu en Extrême Orient aux premiers temps du bouddhisme et aurait inspiré de nombreuses copies au fil des siècles.





Bodhisattva Avalokitesvara dans une niche rocheuse, grès à couverte de céladon et biscuit, Chine époque Ming (1368- 1644), 15e siècle.

Au milieu du 20e  siècle, le musée Cernuschi  s’ouvre aux arts asiatiques modernes et contemporains et plus récemment accueille des collaborations avec des créateurs asiatiques tout comme le musée Guimet. 
Une autre visite ne sera pas superflue pour en apprécier les œuvres. Signalons que l’accès aux collections permanentes du musée Cernuschi est gratuit. Seules les expositions temporaires sont payantes.
En attendant voici un aperçu de créations d’artistes vietnamiens inspirés à la fois par l’étude des arts de l’Occident et le style de l’Asie Orientale. Ici le thème de la jeune femme dans ses occupations quotidiennes rompt avec les portraits traditionnels d’ancêtres et de scènes historiques ou légendaires.
« L’identité vietnamienne du modèle est toujours nettement marquée par certains détails du vêtement, de la coiffure, de l’attitude ou du décor. Ainsi les artistes répondent à l’exhortation de leurs professeurs de créer un art propre à leur culture en évitant l’écueil d’une copie servile de l’art français, conseil qui rencontre leurs propres aspirations dans ces années 1930 où l’on rêve d’une société nouvelle émancipée tant du carcan du vieil empire mandarinal que du joug du gouvernement colonial. » 


Nguyen Phan Chanh (1892-1984), Jeune Fille préparant le thé, 1931, couleur sur soie


410 Thanh Van En, Ecole de Gia Dinh promotion 1937, Joueuse de Flute Traversière, aquarelle sur papier
 
En 150 ans de découvertes, les collections couvrent près de cinq millénaires, de quoi offrir au public un étourdissant voyage spatio-temporel.
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*Les Mingqi sont des figurines qui accompagnent le défunt dans sa dernière demeure. C’est « l’objet lumineux » éclairant par sa présence serviable, protectrice ou divertissante, la tombe pour l’éternité. Soit ayant appartenu au défunt, soit fabriqué pour les funérailles. A partir du 5e siècle av. notre ère, les sacrifices humains disparaissent au profit de ces figurines simulacres en bois ou en terre. Personnes aimées, serviteurs, soldats, acrobates, danseurs, musiciens, animaux et même modèles réduits d’architecture sont ensevelis pour accompagner le disparu et permettre à son âme de continuer à vivre comme elle le faisait auparavant. A partir du 9e siècle leur usage disparait des coutumes funéraires. Ils sont remplacés par des sculptures, des bas-reliefs, des peintures murales pour les tombes les plus riches.
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Sources principales des intitulés et légendes photos : la rubrique collection du site internet du musée Cernuschi, et les panneaux explicatifs sur place.
 

lundi 4 mars 2024

Musée Cernuschi, une exposition dans le sillage de son fondateur

 
A l’instar d’Émile Guimet (1836-1918), fils d’une riche famille d’entrepreneurs lyonnais, voyageur fasciné par l’Orient et ses civilisations, par la découverte du monde et fondateur de l’incontournable institution inaugurée en 1889 sur la colline de Chaillot aujourd’hui Musée national des arts asiatiques présentant la collection la plus complète au monde, un autre collectionneur passionné et fortuné va laisser aussi une trace en provenance d’Asie dans le paysage culturel parisien.
Henri Cernuschi (1821-1896), républicain italien refugié en France en 1850 est naturalisé français en 1870. Encore sous le choc de la répression sanglante de la Commune de Paris, il entreprend en compagnie de Théodore Duret un tour du monde entre septembre 1871 et janvier 1873. Lors de son séjour au Japon et en Chine, il acquiert environ cinq mille œuvres d'art qui formeront l’essentiel de sa collection. À son retour, cet ensemble exceptionnel pour l’époque, bronzes, céramiques, peintures, estampes, livres illustrés, objets en bois laqué et sculpté, est exposé au Palais de l'Industrie à l'Exposition orientaliste (août 1873-janvier 1874).
Il achète aux frères Pereire la dernière parcelle non bâtie bordant le parc Monceau sur l'avenue Vélasquez pour y faire construire un hôtel particulier où il résidera, entouré des œuvres d'art rapportées de son périple asiatique.
 

Sur la façade, on remarque les médaillons en mosaïque d'Aristote et de Léonard de Vinci admirés par Cernuschi.
Henri Cernuschi meurt en 1896 après avoir légué son hôtel particulier et ses collections asiatiques à la ville de Paris. Le musée des arts de l'Asie sera inauguré le 26 octobre 1898.
 
Certes plus modeste que le musée Guimet, le musée Cernuschi méritait bien une visite attentive, surtout à l’occasion de l’exposition temporaire Retour d’Asie, célébrant le 150ème anniversaire de son retour de voyage et présentée du 6 octobre 2023 au 4 février 2024, dans un parcours thématique.
Au moment où j’écris ces lignes, l’exposition temporaire est terminée depuis un mois. J’y suis allée dans les tout derniers jours et il m’a fallu un peu de temps pour trier et classer les informations et photos ! Ceci est donc un partage rétrospectif illustré pour ceux qui veulent en rafraichir le souvenir ou pour les curieux qui ne l’ont pas vue.
 
Les deux premières salles évoquent l’itinéraire du voyageur en Extrême-Orient.
Après avoir traversé le continent américain et l’océan Pacifique, Henri Cernuschi aborde le Japon, avant de gagner la Chine, puis l’Indonésie, Ceylan et l’Inde.



Bodhisattva Avalokitésvara (Kannon), bronze doré, Japon 19e siècle, époque Edo (1603-1868).
Trônant dans la première salle, cette imposante statue attire d’emblée le regard des visiteurs et nul doute qu’elle n’ait fait grande impression sur le voyageur. Elle représente une des entités bouddhiques les plus populaires au Japon. « L’être d’éveil » est figuré ici levant la main droite en signe de compassion et tient dans l’autre un bouton de fleur de lotus, symbole de l’espérance de l’éveil pour tous les êtres.



Statue de bronze de la fin de l’époque Edo (1603-1868) représentant Acala (Fudō Myōō), principale divinité irritée, l’une des cinq gardiennes du bouddhisme ésotérique. Acala serre dans sa main gauche une corde qu’il utilise pour ramener les fidèles dans le droit chemin. Dans sa main droite il tient une épée visant à relier le ciel à la terre pour combattre l’ignorance et les illusions.
Si les objets réalisés en bronze ont suscité un grand intérêt chez Cernuschi, d’autres pièces ont retenu également son attention.


Sanctuaire miniature de l’époque Edo (1607-1868)




Parinirvâna. Encre et couleurs sur soie de l’époque Edo (1603-1868). L’extinction complète du Bouddha.



Encre et couleurs sur soie de l’époque Edo (1603-1868). Bouddha auréolé, assis en padmasana (posture de méditation) sur une base en forme de fleur de lotus. Il est entouré de bodhisattva, disciples et Gardiens Célestes.


Manuscrit illustré



 
Manjusri/Wenshu chevauchant un lion, bronze doré, Chine époque Ming (1368-1644), 15e  siècle.



Vase Jian, bronze. Chine, Zhou de l’Est (481-221 av. notre ère)



Cahier d’inventaire de pièces rares.


Encre et couleurs sur papier, Chine époque Ming (1368-1644). D'après Du Jin, (actif de 1465 à 1505) Poètes et immortels. Le personnage accompagné d’une grue, symbole de longévité et de fidélité exemplaire, est Lin Bu, poète chinois.
 
Deuxième thème : de retour à Paris Henri Cernuschi s’empresse de faire partager ses trouvailles et participe à l’éclosion d’une véritable révolution du goût connue sous le nom de japonisme qui a largement influencé l’art européen.


L'exposition accueillit bon nombre d’artistes ou amateurs d’art asiatique, tels Gustave Moreau (1826-1898) ou encore le céramiste Théodore Deck (1823-1891) pour lesquels ce lieu se révéla une extraordinaire source d’inspiration.


Vase en forme de chimère ailée portant un vase Zun, bronze, incrustation d’argent et d’or, Chine période Qin (1644-1912) 18e siècle. Parmi les œuvres exposées par Cernuschi, ce vase séduisit particulièrement le peintre Gustave Moreau qui fera figurer l’objet dans plusieurs de ses œuvres : Triomphe d’Alexandre le Grand, (vers 1875-1890) et Salomé dansant (vers 1874)
 

Pour mettre en évidence les sources d'inspiration, quelques prêts ont ete accordés par d'autres musées. Le vase en faïence (1875/80) produit par la manufacture Deck reprend exactement la forme du vase à anses japonais du 18e siècle de la collection Cernuschi. Théodore Deck s’est aussi inspiré des porcelaines chinoises en reproduisant les procédés techniques de glaçure.
 

De même pour ce vase soliflore japonais en bronze reproduit en faïence par Théodore Deck.


Tout le monde connait l'Ours blanc exposé au musée d’Orsay, une statue du sculpteur animalier français François Pompon (1855-1933).


Il fut sans doute très impressionné par les sculptures animalières japonaises en bronze exposées au 
palais de l’Industrie. En voici ses interprétations


Grand cerf, Statuette en bronze, patine brune, 1929


Grand duc, bronze 1927/1930, Canard, bronze 1911, Poule d’eau, bronze, vers 1929. Impossible de ne pas y déceler comme un écho aux bronzes animaliers japonais ci-dessous


Brûle-parfum en forme d’oie, d’aigrette et hibou sur une branche, bronzes japonais du 19
e siècle.
 
La troisième partie de l’exposition est consacrée à la réalisation du projet d’Henri Cernuschi



Plat à couverte céladon, décors incisés, Chine période Ming, 15e siècle. Ce plat témoigne de la circulation des grès céladon chinois du Proche-Orient au Japon à l’époque médiévale. Le palais de Topkapi à Istanbul en possède une belle collection utilisée autrefois par la cour ottomane.


Lion chinois, grès de Bizen, Japon, fin de l’époque Edo, 19e siècle


Ecrans de table en grès ajourés à couverte de céladon, aux motifs de Kirin (animal hybride mythique) signe de bons présages, longévité, grandeur, sérénité, paix et réussite


Grand plat à décor de rochers et pivoines. Porcelaine, décor au bleu de cobalt sous couverte, Japon, milieu du 19e siècle. Un article de luxe utilisé probablement pour les banquets et repas de fête. La pivoine, fleur préférée des empereurs chinois et signe de richesse témoigne du prestige de la culture chinoise dans le Japon de la période Edo.


Iconographie classique au Japon pour ce pot de fleur orné de Kirin, phénix, tigre et dragon. Grès brun engobe blanc, décor au bleu de cobalt sous couverte. Fin de l’époque Edo, 19e siècle.
 
La salle des bronzes a repris la présentation en gradin voulue par le maitre des lieux


Bronzes japonais, époque Edo (1603-1868) côté gauche, ci-dessous.





Bronzes chinois, pour la plupart période Qin (1644-1912)  côté droit ci-dessous.



Ci-dessus, vase « champion », bronze avec incrustation d’or, 18 ou 19e siècle.
Ce type de récipient, doté de deux compartiments verticaux étroits reliés par une sculpture d'un animal mythique, est connu sous le nom de « vase champion » traduction libre de yingxiongbei, « coupe du héros ». Basés sur un type de bronze archaïque qui remonterait au 2e  siècle av. notre ère, les vases champions ont été de nouveau fabriqués à partir du 16e siècle dans différentes matières.


Cloche de type yongzhong en bronze, 5e siècle av. notre ère, Zhou de l’Est (770-259 av. notre ère)

Au centre quelques présentoirs sous vitrine


Une série de netsuke en ivoire, objet utilitaire et accessoire de mode au Japon, destiné à faciliter la fixation de différents étuis à la ceinture des kimonos. Ces petites figurines furent très appréciées des collectionneurs européens.  
 
La visite se termine sur une pièce impressionnante comme un point d’orgue à cette exposition qui a certainement, même au 21e siècle, suscité l’émotion, l’admiration selon les vœux d’Henri Cernuschi.



Brûle-parfum, émaux cloisonnés sur cuivre, Chine période Qin (1644-1912) 18e siècle.
 
D’autres merveilles nous attendent à l’étage, section des collections permanentes. 
A suivre dans le prochain article.

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