Mon père, adolescent, avait été un temps, juste avant la 2e
guerre, opérateur projectionniste au Magic, 8 rue du Maréchal-Joffre (salle de cinéma la
plus ancienne de la ville Le Creusot, inaugurée en 1911).
Bombardée en 1944, la façade du Magic fut modifiée dans les années 50 et les
projections de films continuèrent jusque
dans les années 70. Transformés en garage puis en magasin de matériel vidéo –
Hifi, les locaux ont été ravagés par un incendie en 2012. La bâtisse encore
debout parait-il, n’a jamais été classée monument historique et serait à
l’abandon. Je ne l’ai jamais vue sous l’aspect que présente ces cartes postales
trouvées sur Internet, mais lui s’en serait souvenu…
"Monté" vers la capitale en 1948, mon père avait gardé un goût prononcé
pour cet art et ses salles obscures. Il se procurait chaque semaine la revue
populaire "MON FILM", qui complétait les cahiers où il avait lui-même
consigné d’une belle écriture les dialogues des films projetés dans sa jeunesse
provinciale. J’ai vu longtemps quelques exemplaires rescapés dans la bibliothèque.
Mes parents m’emmenaient donc souvent au cinéma à Paris, dans les années
60.
Je me souviens de Ben-Hur au cinéma Le Savoie, 179 boulevard Voltaire
(aujourd’hui disparu). Mes hurlements d’épouvante pendant la sanglante course
de chars nous avaient obligé à quitter précipitamment la salle. Nous n’avons
jamais vu la fin. Il n’existait pas alors d’âge minimum conseillé. De là sans
doute me vient une insurmontable aversion pour les scènes violentes.
J’appréciais alors beaucoup plus les films comiques ou même les comédies
sentimentales qui me faisaient pleurer en silence, mais les films d’action ne
me laissaient pas indifférente à condition que l’hémoglobine ne coule pas à
flot…
Je me souviens que nous n’allions jamais très loin pour ces séances. Il y
avait suffisamment de salles dans le quartier. Le plus souvent c’était au
Triomphe, 315 Rue du Faubourg Saint-Antoine (aujourd’hui disparu)
ou au Brunin (133 boulevard Diderot) restructuré en 1974 pour accueillir
plusieurs salles et renommé MK2 Nation en 1998. Sous une vitrine de sa façade
une simple feuille de papier retrace son histoire.
Lors de mes passages à Paris, je fais toujours sans tarder un petit détour pour
y repérer les films à l’affiche et me laisser tenter…
D'autres souvenirs ont été publiés dans ce blog les 7 avril 2009, 2010, 2011, 2012, 2013. (Pas en 2014, un oubli!)
Merci de nous faire partager ces touchants souvenirs. Joyeux anniversaire ! Longue vie à toi et à ton blog.
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