mardi 3 novembre 2009

Voyage au pays des Hittites - Hattusa

Entre temps, les nuages noirs sont partis plus loin… Expert en fouille, le chef de chantier… mais pas un pro de la pluie et du beau temps !

34 km plus au sud, allons découvrir Hattusa, la nouvelle capitale des Hittites à partir du XVIIe siècle av.JC, reconstruite par Hattusili I, un conquérant qui a mené de nombreuses campagnes pour agrandir ses territoires jusqu’à la Syrie. La cité avait été détruite au XVIIIe siècle av.JC par les princes de Kuşara, Pithana et son fils Anitta qui affirmèrent leur suprématie sur les autres peuples installés en Anatolie, vainquirent les rois du Hatti et s’installèrent à leur place. On situe la première capitale de cette principauté hittite à Kültepe près de Kayseri. Elle s'appelait Nesa. Les Hittites se nommeront eux-même les Nésites.  
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Sur le site de Boğazkale

Hattusa est inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO depuis 1986.
Le site de Boğazkale est redécouvert en 1834 par un architecte français spécialiste et explorateur de ruines classiques, Charles-Marie Texier. Depuis la fin du 19e siècle ce sont les Allemands qui poursuivirent les fouilles.

Les nombreuses tablettes avec des écritures cunéiformes furent déchiffrées à partir de 1914 par le Tchèque B. Hrozný.
En 1994, la direction des fouilles a été confiée à Jürgen Seeher et depuis 2006 à son successeur Andreas Schachner, de l'Institut Archéologique Allemand.

La cité exerça une influence considérable en Anatolie et dans le nord de la Syrie au IIe millénaire av. J.C.
La capitale de l’empire hittite se caractérise par ses constructions monumentales et ses impressionnantes fortifications. Ces dernières reposaient sur un rempart de terre recouvert de pierres taillées. Le mur proprement dit, devait être fait de briques crues renforcées par des poutres de bois. Tous les 30 mètres environ, une tour rectangulaire s’avançait en saillie, comme le montre cette partielle reconstitution effectuée entre 2003 et 2005.



Les portes principales, en bois recouvertes de bronze, étaient flanquées de grandes tours. Les jambages de ces portes étaient décorés de sculptures de lion (porte des Lions XIV-XIIIe siècles av. J.-C.) ou de dieu (Porte royale ornée du relief du dieu de la guerre, Calcone). Un deuxième jeu de portes côté intérieur achevait de constituer une sorte de sas de sécurité.



Le passage souterrain de Yerkapi constituait une poterne de près de 83 m de long et passait sous les remparts.




Au sud de la citadelle, à Nisantaş, se trouve une inscription gravée sur une pierre de la chambre des hiéroglyphes. Cette inscription donne la généalogie du roi hittite contemporain du pharaon Aménophis IV. Si l’écriture cunéiforme était principalement utilisée sur les tablettes qui ont permis de connaître partiellement la vie quotidienne des hittites, les hiéroglyphes ornaient plutôt les monuments.


Bas-relief du roi Suppiluliuma II, chambre des hiéroglyphes


Au beau milieu des ruines, une pierre verte lisse et brillante, intrigue. Elle est censée apporter fertilité ou prospérité à ceux qui la touchent. Mais si les textes hittites déchiffrés évoquent à plusieurs reprises des pierres sacrées et leur pouvoir, aucun des écrits retrouvés ne fait allusion en particulier à une pierre cubique de couleur verte. Celle-ci avait peut être un rôle cultuel mais rien ne l’atteste.


Suite à l’invasion des peuples de la mer au XIIe siècle av. J.-C. et la destruction de la ville par le feu, le site restera plusieurs siècles abandonné avant d’être réoccupé par des Phrygiens au VIIe siècle av. J.-C.
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Lire aussi:
Et la suite de ce voyage: Yazılıkaya

lundi 2 novembre 2009

Voyage au pays des Hittites - Alacahöyük

Petit déjeuné englouti, coup d’œil sur la carte. Le Parc National de Boğazkale – Alacahöyük nous attend. Ces cités ont joué un rôle important dans l'histoire hittite.
Alacahöyük est à 45kms de Çorum.


Sur le territoire des précédents occupants, les Hatti, cette cité fut peut-être une capitale des Hittites dans la période de l'Ancien royaume à partir d'environ 1650 avant notre ère). Son importance dans le domaine cultuel ne fait aucun doute dans la période impériale (1430 - 1180 avant notre ère). Kuşara ou Kussar a parfois été proposé pour son identification mais l’hypothèse est contestée. La toponymie d'Arinna est aussi avancée, sans confirmation. 
Ces lieux furent le théâtre d'une fusion culturelle des deux civilisations.
Treize tombes royales de la période du Bronze Ancien (vers 2300 avant notre ère), antérieure à l’arrivée des Hittites, ont été découvertes. Elles contenaient des objets en or, argent, électrum et en bronze tels que des statuettes, de la vaisselle rituelle, des bijoux et accessoires, des armes, ainsi que des étendards en forme de disques solaires. Les plus belles pièces sont exposées au Musée des Civilisations Anatoliennes à Ankara, mais quelques unes sont visibles au musée local du village qui expose également les premiers matériels des fouilles, des céramiques datant de l’ère chalcolithique, des tablettes couvertes d’écritures cunéiforme de l’époque hittite et des photographies relatant la découverte des tombeaux des treize rois hatti.
Durant la période hittite, la cité était protégée par de puissantes fortifications percées de portes monumentales dont la plus impressionnante est la Porte des Sphinx.


























Les fouilles archéologiques continuent et un homme de l’équipe regarde d’un œil expert et inquiet les nuages menaçants qui commencent à s’accumuler.
Ne traînons pas, il nous reste encore à faire d’autres découvertes à Boğazkale, mais avant de quitter l’endroit, voyons les trésors du petit musée local…


dimanche 1 novembre 2009

En route vers les vestiges de la civilisation hittite

Si vous avez 3 jours de libre (4 c’est mieux) voici une idée d’escapade dépaysante. Il n’est pas nécessaire de programmer longtemps à l’avance ce voyage. Une réservation par téléphone vous garantira une chambre d’hôtel à Çorum (il y a au moins 5 hôtels confortables). Par contre l’hôtel le plus près des sites à visiter : Mavi Ocak Otel près de Sungurlu est souvent réservé par des agences touristiques, il est donc difficile d’y trouver de la place.
Il faut compter 6h30 pour se rendre à Çorum, disons 7h en comptant la pause détente. On arrive à Ankara en 3h30 par le tunnel de Bolu (près de 3km), inauguré le 23 janvier 2007 pour la voie Istanbul-Ankara et le 8 mai 2007 pour celle d’Ankara-Istanbul. On prend ensuite la direction de Samsun. Cette ancienne route Ankara-Samsun était en train de subir en 2007 une cure de rajeunissement. De grandes portions étaient opérationnelles. Les travaux sont peut être terminés actuellement.
Entre Kırıkkale et Sungurlu, le paysage défile, magnifique…

Il faut consacrer quelques heures de visite à la ville de Çorum, provinciale mais animée, qui fait son possible pour sauvegarder son patrimoine architectural ottoman et seldjoukide et sa réputation de capitale du pois chiche. On trouve ici des « leblebi » à toutes les sauces… Du classique simplement grillé, aux dragées chocolatées, en passant par la gourmandise du lieu : le pois chiche enrobé de miel et sésame…

.....Impatience d'être déjà demain pour enfin découvrir le parc national de Boğazkale-Alacahöyük.... Il y a presque vingt ans que j'attends ce moment!

dimanche 25 octobre 2009

La campagne à Paris

A toujours vouloir explorer Istanbul, j’en oublie trop souvent de faire aussi la touriste à Paris et de flâner dans ses rues à la recherche de quartiers inconnus à découvrir. Elle est pourtant belle et surprenante ma ville natale. Elle cache des petits trésors tout près de grandes artères sans que le passant ne soupçonne leur existence… jusqu'à ce qu’on les découvre par hasard.
Celui-ci se trouve dans le 20e arrondissement, tout près de la porte de Bagnolet, sur une hauteur surplombant le boulevard Mortier et la rue Léo Chavez.



Par la place Octave Chanute, plantée d’arbres et agrémentée d’une fontaine, on y accède par un escalier qui monte vers des petites maisons : c’est la Campagne à Paris. D’autres rues à escaliers y mènent aussi…


Quartier bien nommé qui a vu le jour au début du 20e siècle à l’initiative d’une coopérative ayant pour objectif de loger des ouvriers et employés parisiens dans un esprit hygiéniste et social. Le programme de construction des 92 maisons conçues par des architectes différents, date de 1907 et la réalisation se poursuivra jusqu’en 1926, la guerre ayant interrompu durablement les travaux.

Derrière leurs façades en meulières, briques ou crépis, ces petits pavillons ne doivent plus abriter beaucoup de familles modestes pour lesquelles ils avaient été construits.

Ne rêvez pas trop… Ce petit coin de paradis n’est plus à la portée de tout le monde ! Ces « modestes habitations » dépassent allègrement le million d’euros aujourd’hui ! Elles font l’objet d’une attention toute particulière de la ville de Paris et le stationnement y est interdit depuis peu. Les riverains peuvent accéder à leurs garages en sous-sol par la rue Paul Strauss bien coquette aussi.

Une aubaine pour le piéton qui déambule tranquillement dans les petites rues pavées (rues Irénée Blanc et Jules Siegfried) et qui peut admirer sans réserve les marquises, les réverbères et les petits jardins fleuris.

vendredi 23 octobre 2009

Doğa için çal

Ecoutez et visionnez "Doğa için çal"


http://vimeo.com/6902099


De belles voix et un projet sympathique pour réveiller ceux qui dorment encore!

lundi 19 octobre 2009

La péninsule de Datça en octobre (suite et fin)

Revenons à nos contemporains et leurs habitations typiques datant du 19e siècle. En pierre nue ou blanchie à la chaux, elles font le charme des villages traversés. L’ancien Datça, bien à l’écart de la petite station balnéaire actuelle, en offre un exemple pittoresque, avec ses ruelles étroites et colorées où les artistes séjournent volontiers.

Le village de Reşadiye, avec son activité tranquille typiquement méditerranéenne, possède un joyau d’architecture ottomane, deux fois centenaire et dont les travaux de restauration ont débuté en 2002. La demeure qu’un notable se fit construire en 1809 et nommée : "Mehmet Ali Ağa konağı" a fait l’objet d’un programme de réhabilitation pour sa transformation en hôtel-musée.
Voir le site: http://www.kocaev.com/














Pour adapter sa nouvelle fonction à l’espace existant, le rez-de-chaussée derrière ses arcades de pierres, initialement destiné aux cuisines, écuries et dépôt a été modernisé et restructuré pour les besoins du service hôtelier et le confort des hôtes de passage, en particulier une bibliothèque et une cave inexistantes à l’origine.
Au premier étage un sofa ouvert donne accès aux 6 chambres dont la "baş oda", grande salle de séjour doublée d’une pièce secrète où le maitre se retirait pour éviter les visiteurs indésirables. Pour conserver la valeur historique de la bâtisse, tous les éléments décoratifs, plafonds, peintures murales et boiseries, ont fait l’objet d’un travail méticuleux pour préserver l’authenticité des lieux. Le hammam a été également conservé et restauré. Les pièces sont à destination hôtelière et les niches initiales de bains et d’armoires ont été transformées en toilettes et bains au confort moderne.


























Il fait bon prendre un verre ou un repas dans la cour décorée en son centre d’une fontaine en laissant errer son regard sur les volets, les poutres et l’ensemble de la demeure.















Une maison en pierre a été construite et rajoutée à l’ensemble pour usage de réception et chambres (aux prix plus accessibles). Elle s’intègre parfaitement au décor et les boiseries de cèdre, utilisées pour les portes et fenêtres, embaument l’atmosphère où se mêlent les senteurs des fleurs du grand jardin.




Les anciens moulins, bien dans l’axe du vent, ont parfois pour proches voisines les éoliennes nouvellement plantées sur les collines. Hier et aujourd’hui… l’ingéniosité de l’homme s’est renouvelée pour capturer les forces du vent. Espérons que le dieu grec Eole nous sera favorable et soufflera pour nous ramener un jour sur la pénisule.

dimanche 18 octobre 2009

La péninsule de Datça en octobre (suite)

A la pointe de la péninsule, une visite de Cnide (Knidos), avec son port à deux bassins, sera l’occasion de faire un voyage dans le passé lointain de la Grèce antique.
Des ruines très dispersées et encore peu identifiées, dans un paysage sauvage offrent une superbe balade et réveillent l’imagination des archéologues amateurs. Magie des pierres qui conservent l’empreinte de monumentales constructions…

La stoa, les deux théâtres, les temples d’Aphrodite, de Dionysos, d'Apollon, de Déméter. La statue de cette dernière est au British Museum ainsi que la statue colossale du lion ornant un mausolée, découvertes lors des premières fouilles dirigées par Sir Charles Newton en 1857.
































Celle d'Aphrodite, sculptée par Praxitèle vers 350 av J.C et aujourd'hui disparue, première statue de nu féminin de la sculpture classique, fut l'objet d'une grande vénération.


Au détour d’un chemin, un cadran solaire, vestige de la vie quotidienne des habitants de la cité, quelques mosaïques envahies par la végétation… Knidos n’a pas fini de dévoiler tous ses trésors enfouis…



samedi 17 octobre 2009

La péninsule de Datça en octobre

Qu’il est agréable de s’échapper d’Istanbul en octobre. Alors que l’automne y a déjà déployé, certains jours, sa panoplie de ciel gris, d’averses, de fraiches températures, l’été n’a pas dit son dernier mot, ailleurs, plus au sud… et c’est le moment de prolonger le plaisir des caresses du soleil là où c’est encore possible…


Découvrir la presqu’ile de Datça par exemple, avec ses petits coins de paradis un peu partout tout au long de la route qui sillonne ses vallées, grimpe aux flancs de ses montagnes, plonge vers les eaux turquoise et s’offre le plaisir de surprendre le voyageur à chaque sortie de virage : une partie de cache-cache avec les paysages entre le golfe d’Hisarönü et celui de Gökova. Une nature qui se dévoile par petits bouts pour mieux ménager ses effets, qui nous dit déjà qu’il faudra revenir pour mieux la connaître…


Criques désertes ou immenses plages aménagées abandonnées des touristes, vous avez le choix suivant l’humeur du moment…
Les premières pour vous identifier à Robinson. Les secondes valent aussi le détour car on y rencontre de sympathiques originaux, adeptes de la vie de bohème et du keyif turc aux terrasses des petits restaus sans prétentions.



Partout la baignade est tentante, l’eau transparente juste à la bonne température, les galets multicolores bien polis par les vagues, et les parasols, mis à disposition gratuitement, bien accueillants. Avec en prime, les cabrioles facétieuses des dauphins à quelques dizaines de mètres du bord ou la visite incongrue d’un groupe de volatiles peu farouches.

Et puis il y a les villages et leurs habitants pour qui la mer est loin d’être le seul attrait bien qu’elle ne soit jamais très loin. Pêcheurs mais surtout agriculteurs.



Les oliviers et figuiers offrent une abondante récolte et les amandiers sont choyés ici. Quel spectacle ce doit être au début du printemps quand, sur leurs branches, éclosent ces milliers de fleurs odorantes, quand leurs pétales fond un tapis rosé sur l’herbe tendre !

L’apiculture y tient sa place aussi. Des ruches bleutées partout, bien alignées ou placées aux hasards du terrain… Il faut dire que la végétation environnante, plantes médicinales et aromatiques, pins, eucalyptus et flore sauvage abondante en toutes saisons, offre un festin permanent aux abeilles qui s’emploient activement à butiner pour fabriquer des tonnes de miel parfumé.