Istanbul, ville tentaculaire, est certes connue pour ses
quartiers historiques mais aussi pour ses nouveaux quartiers d’affaires aux gratte-ciel
impressionnants dont la tour Saphir qui depuis sa terrasse offre un point de
vue exceptionnel.
Il ne faudrait pas croire cependant qu’elle est dépourvue
de verdure. Des nombreux parcs bordant les deux rives du
Bosphore on découvre des paysages plus apaisants. Ce sont les vestiges aménagés
des bosquets qui recouvraient les collines autrefois. Pour n’en citer que
quelques uns dans la trentaine recensée : Gülhane, Emirgan, Haciosman,
Maslak…
Facilement accessible car situé à proximité du quartier
Beşiktaş, le parc de Yıldız avec ses 46 hectares s'étend en pente depuis le palais Yıldız jusqu’au palais Çirağan en bordure du Bosphore.
Sensiblement de la même superficie que le parc d’Emirgan,
il est l'un des premiers parcs ouverts
au public à Istanbul, en 1950. (Avant lui, le parc de Gülhane en 1912)
Pendant le règne du sultan Abdulhamid II (1876-1909) le
bosquet était inclus au jardin impérial. Depuis les hauteurs la vue est très appréciée
des promeneurs comme elle l’était par le sultan depuis le balcon supérieur du
chalet Cihannuma kasrı, que l’on a pu voir dans
l’enceinte du palais Yıldız, isolé à l’une des extrémités du jardin.
On peut voir ici sa façade arrière côté Bosphore
surplombant le haut mur séparant le parc et le complexe impérial communiquant
autrefois par un portail aujourd’hui condamné.
Le parc très vallonné est agrémenté d’une végétation
abondante et variée, colorée au fil des saisons par les floraisons des magnolias,
des arbres de Judée, des marronniers d’Inde, et des parterres de tulipes,
jacinthes et primevères au printemps. S’y trouvent aussi des tilleuls argentés,
des lauriers, des frênes, des cyprès, des pins, des ifs, des cèdres et des chênes dont certains plusieurs fois centenaires.
Les lieux sont aussi très appréciés par les chats que
l’on croise un peu partout sur les sentiers de promenade.
Une longue passerelle suspendue se faufile dans la
canopée et constitue un atout de charme, offrant depuis quelques points
d’observation une vue dégagée sur le plan d’eau où barbotent des canards, des
oies, des tortues, dévoilant ici et là une cascade, un petit pont…
La tête près des houppiers, il est même possible d’apercevoir
quelques perruches vertes jacassant sur une branche, quelques passereaux
sautillants ou un écureuil en plein exercice d’acrobatie pour regagner son nid…
Elle n’existait pas à mon dernier passage remontant à bien des années.
Des aires aménagées de tables et de bancs en font un lieu
de pique-nique populaire, surtout le week-end, d’autant plus que les aires de
jeu pour enfants se sont modernisées et multipliées.
Les pavillons ottomans (Çadır et Malta) ne sont
apparemment plus occupés par des cafés et restaurants, assez peu respectueux de
ces bâtisses historiques. Des constructions récentes abritent désormais des
cafeterias les remplaçant dans ces fonctions.
Le pavillon Çadır
construit en 1871 à la demande du sultan Abdülaziz (1861-1876) se mire dans l'eau de son grand bassin.
Et puis, il est soudain voilé par des jets d’eau.
Façade arrière plus austère… Une plaque indique que
derrière ces volets clos fut détenu Midhat pacha, Grand vizir, suspecté par le
sultan Abdulhamid II d'être complice du meurtre de son prédécesseur le sultan Abdülaziz,
et condamné à mort dans un procès douteux. Il y resta du 22 mai au 22 juillet
1881 avant d’être gracié et conduit à la forteresse de Taëf en Arabie Saoudite où
il fut assassiné dans sa cellule en 1883.
La manufacture de porcelaine de Yıldız en restauration n’est
actuellement pas accessible, mais ce sera l’occasion de revenir pour une autre
flânerie dans ce parc accueillant.
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