Bien que la première
construction d’un complexe monastique ait probablement été réalisée au 4e
siècle, avant la construction des murailles de Théodose (408-413), l’église a
connu de nombreux remaniements au cours des siècles, les tremblements de terres
et actes de vandalisme ne l’ayant pas épargnée. Très endommagée après la période
iconoclaste (726-843), elle fut reconstruite, puis de nouveau laissée à l’abandon
après le passage des croisés et pendant l’occupation latine (1204-1261).
C’est
au début du 14e siècle que Théodore Métochite, grand logothète
(trésorier impérial) d'Andronic II (1282-1328), lui donna son apparence actuelle par une
restauration et l’ajout d’un exonarthex et du parecclésion. Les mosaïques et
les fresques datent pour la plupart de cette époque. Le bienfaiteur y est
représenté agenouillé, dans une composition située dans le narthex. Il finira sa vie dans le monastère dont il ne reste plus trace aujourd'hui.
Lors de la conquête de
Constantinople, les janissaires pilleront le mobilier du sanctuaire mais sa
transformation en mosquée entre 1495 et
1511 par Atik Ali Pacha, grand vizir de Beyazit II, lui doit en partie sa
conservation.
La nef devint salle de prière
et de sa décoration ne subsiste que les plaques de marbre veiné de bleu, de vert ou de rose.
Au-dessus de la porte centrale, un panneau de mosaïques encadré représentant la Dormition de la Vierge , est le seul rescapé des douze
panneaux figurant les fêtes liturgiques qui devaient en tapisser les murs. Il
n’est apparemment pas daté de la même époque que les mosaïques décorant le narthex et l’exonarthex et on ne sait pas à quel moment ont disparu les autres.
Si l’art de la mosaïque,
particulièrement florissant à l’époque byzantine, n’est pas exclusivement
consacré à la décoration intérieure des lieux de culte – voir le musée des mosaïques sur l’emplacement du grand palais -
la visite de Saint Sauveur in Chora, après celle de l’église Panaghia Pammakaristos (Fethiye camii) ne
manque pas de surprendre par la richesse des coloris, l’abondance de détails d'une véritable mise en scène de
l’histoire sainte.
Après Sainte Sophie, c’est le plus important témoignage de
cet art qui se décline en différents styles du 6e au 14e
siècle.
Les compositions de mosaïques
de Saint Sauveur appartiennent à la dernière période, celle où l’on s’éloigne
le plus d’une représentation austère du divin. Les artistes, contemporains de
Giotto, semblent avoir conjugué leurs talents pour toucher la sensibilité des
fidèles et exalter leur foi. La vie de
Marie, la généalogie de Jésus et l’accomplissement des miracles sont traités
avec un réalisme émouvant. Il en est de même pour les fresques du parécclésion
qui constituent des chefs d’œuvres. La Descente aux Enfers et le Jugement Dernier avaient à l’évidence bien des atouts pour
impressionner et convaincre les fidèles.
De 1948 à 1958 une restauration
d’envergure fut dirigée par le « Byzantine Institute of America » et depuis
Saint Sauveur in Chora est un musée.
Bonsoir Patita,
RépondreSupprimersuperbe lieu et reportage, merci