samedi 19 avril 2014

Un, deux, trois… expositions

Les expositions sont organisées pour être vues… Alors allons-y au gré de notre curiosité.
Les deux premières visites ont été motivées par la sympathie éprouvée pour les dessins de presse d’un artiste turc vivant en France depuis longtemps et les romans de l’écrivain belge prolifique, « père » du commissaire Maigret.

« A vol d’oiseau » à l’Institut français d’Istanbul du 2 avril au 31 août
Repérant d’un coup d’œil dans les pages du Nouvel Obs le trait caractéristique de Selçuk (sa signature), j’ai souvent privilégié la lecture de l’article pour savourer ensuite le plaisir de constater que le dessin l’illustrant, expression d’une liberté incisive mais poétique, cernait le sujet bien plus encore que les mots.



La rétrospective survole les principaux événements de 1974 à 2014 qui ont inspiré le crayon de Selçuk Demirel. Exposée de façon thématique, et présentée dans son contexte éditorial, essentiellement presse turque et française, la sélection des reproductions de dessins vaut bien le déplacement car il y en a forcement à découvrir.






« Simenon, Reporter-Photographe, 1931-1935, de la Belgique à la Turquie» au Lycée Notre Dame de Sion du 13 mars au 3 mai
C’est une facette méconnue de l’écrivain que la galerie du lycée fait découvrir au visiteur.



Illustrant ses reportages pour les journaux de l’époque, la sélection d’une centaine de photos exposée témoigne de ses voyages dans l’Europe en crise, en Afrique coloniale et dans la république turque naissante.
On retrouve aussi des éléments de ces périples dans la production littéraire de Simenon. Notamment dans le roman psychologique « Les clients d’Avranos » publié en 1935, qui a pour cadre Istanbul.
Le catalogue, offert gracieusement, est une mine d’informations. Les regards croisés des spécialistes l’ayant élaboré apportent un éclairage impartial permettant de mieux connaître le romancier.









Si les précédentes expositions citées sont situées à l’écart du grand public dans des institutions francophones, la vitrine de la troisième s’offre aux regards des millions de passants arpentant l’avenue Istiklâl.
«  Le Sommeil de la Raison » à l’espace ARTER du 8 février au 27 mai
Derrière le monumental coquillage de bronze doré (exposé à Paris en octobre 2012 dans le jardin des Tuileries pour la Fiac) et intitulé « The Origin of the World » en référence au tableau « L’Origine du Monde » de Gustave Courbet (1866), une trentaine d’autres œuvres de Marc Quinn sont à découvrir.



Provoquant, troublant, c’est la raison d’être de l’art contemporain. Les superbes sculptures de marbre ou de bronze ont pour modèles des corps humains réels déformés de naissance, par accident ou la volonté de leurs propriétaires.
Les œuvres exposées sous le titre faisant référence à une gravure de Goya (Le sommeil de la raison engendre des monstres - 1799), n’ont donc rien d’imaginaire mais sont plutôt une invitation à nous réveiller en nous montrant ce qu’habituellement on préfère ne pas voir. 
Si l’autoportrait de l’artiste n’a rien d’étonnant dans sa forme c’est la matière utilisée qui a de quoi surprendre : son propre sang moulé et congelé.


Des enveloppes charnelles malmenées à la nature manipulée, Marc Quinn nous guide vers un questionnement sur l’être humain, avec ses dualités corps-esprit, moi et l’autre, la vie - la mort, son désir et sa capacité à en contrôler la perception par le biais de la technologie.









jeudi 17 avril 2014

Journée mondiale de la voix

Hier, dans l'avenue Istiklâl à Beyoğlu, interprétation d'une chanson populaire par quelques voix très professionnelles du Chœur d'Istanbul.




mercredi 9 avril 2014

Le bazar égyptien d’Istanbul en restauration

Jusqu'à la fin de l’année 2014 vous ne verrez plus le Bazar égyptien de cette façon…



Des grands travaux de restauration ont été entamés en octobre dernier, commençant logiquement par la toiture. Les façades sont à présent cachées par des tentures reproduisant discrètement les lignes d’architecture.


L’intérieur va également être entièrement rénové du sol au plafond et des piliers métalliques bleus sont déjà en place.
L’activité commerciale des magasins (ouverts tous les jours de la semaine, dimanche compris) ne devrait cependant pas être trop perturbée. Une fermeture de quelques jours est envisagée pour le pavement des allées dans un futur indéterminé, mais probablement pas avant l’automne.

J’avais évoqué en 2012 l’espace en friche sur le flanc gauche du marché. Il est enfin accessible au public après un réaménagement laborieux. Les grands arbres n’ont pas tous résisté au passage des bulldozers mais les échoppes des grainetiers, oiseliers, fleuristes et autres vendeurs de sangsues n’ont pas disparu.


Par contre elles sont flanquées d’escalators que l’on pourrait prendre à première vue pour une bouche de métro. Que nenni ! Au sous-sol ouvriront prochainement (?) des toilettes ! On ne risquera pas de les louper !


On attendait un lieu de détente ombragé dans la verdure mais visiblement c’est la circulation des piétons qui a été privilégiée. Le café buvette relégué dans un coin manque un peu de charme pour donner l’envie de prolonger la pause. Les jets d’eau peineront à octroyer la fraîcheur escomptée par les promeneurs fatigués assis sur les bancs.
La statue du vendeur de simit d’une autre époque retiendra tout au plus un instant le regard du passant.





samedi 5 avril 2014

Un bug ou une blague?

Mon permis de séjour arrivant à expiration (rendez-vous pris le 28 mars pour le... 18 juin, ce n'est pas rapide!) j'ai constaté que la validité de mon passeport expirait en décembre 2014 et qu'il valait donc mieux anticiper et profiter de l'attente pour entamer la procédure. Sachant que la délivrance du permis de séjour est inhérente à la validité du passeport, inutile de multiplier les obstacles.
(Pour info, la fiche de RV sert de justificatif pour circuler en Turquie, mais pour sortir du territoire entre la demande et l'obtention du permis, il faut payer une amende dont personne n'a pu me préciser le montant)

Mais l'anecdote croustillante est ici: 
Le formulaire de demande de RV pour renouvellement de passeport français sur le site du Consulat de France est en ANGLAIS! Les consignes aussi. Ce n'est pas un poisson d’avril, mais cherchez l’erreur !
Mon anglais rudimentaire m'a suffi pour remplir la fiche (RV pris le 4 avril pour le... 9 mai, pas très rapide non plus!) mais ça laisse dubitatif quant à l'effort supposé de privilégier la francophonie, encore plus de la promouvoir!



mercredi 2 avril 2014

Escapade printanière à Heybeliada

A quelques encablures d’Istanbul, l’archipel des îles aux Princes (Burgazada, Büyükada, Kınalıada, Heybeliada et Sedef adası) offre en cette période, de préférence en semaine, l’assurance d’un calme quasi absolu pour assouvir une envie de nature.
Malgré des températures encore fraîches sous un soleil timide qui voile encore les couleurs, Heybeliada sera notre destination printanière pour quelques heures de quiétude.



A gauche du débarcadère, les anciennes et les nouvelles bâtisses de l’Ecole navale
Les 5000 insulaires vaquent discrètement à leurs occupations sans grande impatience d’accueillir les 25000 estivants qui viendront rouvrir les portes de leurs résidences secondaires un peu plus tard dans la saison. 
Dépassés pour le moment les restaurants et cafés bordant le front de mer, la flânerie dans les ruelles peut se prolonger sans même qu’aucun passage de phaéton ne la perturbe. 

Le restaurant Mavi où nous reviendrons déguster les spécialités de Nigar Abla, en fin de balade
L’église Saint-Nicolas sur une place du centre-ville


Façades pimpantes ou vastes demeures à l’abandon, jardins à la végétation en éveil…





Un massif de pivoines attire le regard.


L'hôtel Halki Palace attend les clients…


Plus haut sur la colline, la nature reprend ses droits. Le moment est venu de s'égarer dans les sentiers. La cueillette d’asperges sauvages, de feuilles de mauve peut commencer. Au passage les asphodèles balancent au bout de longues tiges leurs extrémités fleuries comme autant de feux d’artifices immaculés.




Le portail du monastère orthodoxe grec fondé au 9e siècle est ouvert. Il hébergea l'institut de théologie orthodoxe de Halki (nom grec de l’île), de 1844 à 1971, date de sa fermeture par les autorités turques et conversion en lycée… sans élève. Les bâtiments actuels datent de 1894, reconstruits après un séisme. Les lieux, quoique visiblement bien entretenus mais déserts sont empreints de sérénité, d’espoir, peut-être, que de prochaines négociations aboutiront à une réouverture.




 Il est temps de redescendre pour s’attabler devant une friture et quelques meze en attendant le vapur qui nous ramènera à Kabataş.