jeudi 30 août 2012

Fête de la Victoire


Il y a 90 ans aujourd’hui prenait fin la guerre d’indépendance qui allait permettre la création de la République Turque. La commémoration de cette ultime victoire sur les troupes d’occupation est chaque année l’occasion d’une fête nationale.
Le village de vacances n’est pas en reste et au dessus de la piscine, désertée pour cause de préparatifs intensifs à la cérémonie qui n’a rien d’officiel mais qui ne manquera pas de conviction, un grand drapeau a été déployé tandis qu’un peu partout d’autres flottent dans les allées et sur les balcons.


Après une arrivée triomphale au son d’une marche militaire, les enfants vont réciter des poèmes épiques et énoncer quelques hauts faits de cet épisode déterminant de l’histoire contemporaine. L’hymne national figera quelques instants les participants.


Tous sont fiers de pavoiser en rouge et blanc et d’affirmer ainsi leur attachement sans faille à la République démocratique et laïque. Patriotisme qui peut paraître exubérant et puéril mais justifié par la crainte que soient un jour remises en cause les valeurs prônées par Atatürk.


lundi 27 août 2012

Les secrets du siècle magnifique



En écho à  la populaire mais controversée série télévisée turque « Muhteşem yüzyıl » relatant les intrigues romancées du siècle de Soliman Le Magnifique, évoquée dans un autre article, France2 a diffusé récemment au sujet de cette période mal connue des Français l’émission « Secrets d’histoire » abondamment illustrée par des scènes de la série télévisée turque justement, pour rendre plus vivant et plus accessible les propos des intervenants.

Plusieurs d’entre vous connaissant Istanbul m’ont signalé avoir pris plaisir à regarder ce documentaire et j’ai donc été sur le site de France2.
Malheureusement l’accès de la vidéo est juridiquement bloqué par la géolocalisation des serveurs hors territoire français. Mais pour ceux que concerne cette restriction, l’émission est accessible ailleurs en 2 parties : partie 1/2 et partie 2/2
Une occasion de visiter la capitale ottomane au temps de la renaissance sous les projecteurs de l’histoire.

samedi 18 août 2012

Feuilles de vigne farcies à la viande – Etli Yaprak Dolması


Les dolma (légumes farcis) sont un grand classique de la cuisine méditerranéenne très apprécié en Turquie. Deux versions existent: la froide farcie de riz en meze ou la chaude farcie de viande hachée en plat principal.
C’est la deuxième qui est plébiscitée dans la famille et si les petits poivrons verts et courgettes sont souvent au menu car relativement vite préparés, les feuilles de vigne se laissent désirer et constituent un régal d’exception. La préparation est fastidieuse mais il y a un moyen de la rendre plus ludique ! Mettre les gourmands à contribution !



Motivation garantie pour venir à bout de 750 g de feuilles de vigne en saumure, 1kg de viande hachée crue, 1 petite tasse de riz, 2 tomates râpées, persil, sel, poivre, coriandre moulue et piment rouge.


En une heure, le travail appliqué d’une dizaine de mains a confectionné 150 dolma roulées attentivement et rangées bien serrées dans le récipient. Ajouter 2 verres d'eau pour la cuisson (40 mn).

Il faudra beaucoup moins de temps pour qu’elles soient englouties, accompagnées de yaourt onctueux comme il se doit.



mardi 7 août 2012

Pas d’été sans pastèque!


La Turquie est le 2e producteur mondial de ce gros fruit juteux (entre 5 et 15 kg) avec quelques 4 millions de tonnes par an, un peu exportés et surtout consommés abondamment sur place! D'un bout à l'autre du pays on trouve des pastèques partout sur le bord des routes et sur les marchés bien sûr!


Pour supporter la chaleur estivale, rien de mieux que d’en déguster sans modération sa chair rafraîchissante ou d’en extraire le jus ! Hydratation garantie !


mardi 31 juillet 2012

Au bord de la Marmara

Les jours s'écoulent au ralenti et les activités réduites au minimum. Juste assez d'énergie pour se plonger dans la Marmara, et le soir venu arpenter la plage pour traquer un beau coquillage échoué... Persévérance parfois récompensée!





mardi 12 juin 2012

Prunes vertes croquantes


L’acidité des prunes vertes (yeşil erik), gourmandise locale des petits et des grands surprend les papilles des non initiés et provoque leurs grimaces. Pas mûres ? Mais si. C’est craquantes et juteuses qu’elles sont croquées ici ! Avec un peu de sel, c’est encore meilleur !


Dès les premiers jours de mai les jolies billes vertes sont vendues dans des petits cornets de papier aux coins des rues, à la sortie des écoles. De plus en plus grosses elles envahissent peu à peu tous les étalages et les can erik, papaz erik s’achètent par kilos quand on n’a pas la chance d’en faire une abondante cueillette dans son jardin…


C’est avec ces boules lustrées, de couleur acidulée, que le printemps s’installe.
Mais les pyramides de cerises ont déjà commencé à leur voler leur place de star. Plus que quelques jours avant qu’elles ne disparaissent des étals jusqu'à l’année prochaine…
 

dimanche 3 juin 2012

Sur les eaux turquoise du Bosphore


Avec les beaux jours les voiliers déploient leurs toiles pour des régates sur les eaux turquoise. 



En revenant samedi de l’exposition de "Yazma" (estampages sur tissus), le spectacle de leur glissade silencieuse nous a séduits, tandis que frétillaient encore dans nos têtes les audacieux poissons multicolores du jardin de la Tortue Bleue.



Et en soirée le Bosphore était encore au cœur des réjouissances avec la traditionnelle croisière piquenique de la Passerelle  sur le « Ortaköylu 2 », l’une des innombrables embarcations privées qui donnent aux passagers quelques heures d’émerveillement entre les deux rives d’Istanbul se parant de doux pastels au soleil couchant avant de jeter mille feux dans la nuit.



Ce qui n’empêche pas de faire honneur au buffet collectivement approvisionné et de participer un peu plus tard avec enthousiasme aux contorsions imposées par des rythmes musicaux divers pour des plaisirs moins poétiques mais sympathiques.

   

samedi 2 juin 2012

Estampages multicolores dans le jardin de la Tortue Bleue


Les portes du jardin de la maison familiale des Eyüboğlu se sont ouvertes pour la 62e  exposition festive de « Yazma »,  tissus imprimés de couleurs vives à l’aide de tampons, reproduisant des motifs inspirés des peintures de Bedri Rahmi (1911-1975) et Eren Eyüboğlu (1907-1988).


Comme chaque premier week-end de juin, sur les traces de leur fils Mehmet qui s’est employé à honorer leur mémoire depuis 1977 jusqu’ à sa disparition en 2009, Hughette présente les récents estampages réalisés dans l’atelier en activité depuis 1950.



Transformés en autant d’œuvres d’art populaire, dessus de lits, nappes, tentures, foulards, flottent dans les allées ombragées du jardin de la Tortue Bleue, sous les regards admiratifs des visiteurs occasionnels et des habitués.









Bedri Rahmi Eyüboğlu sok No10 Kalamiş Kadıköy / Istanbul 
Tel : 0 216 336 20 66

jeudi 24 mai 2012

Kilim, cicim, zili, sumak, des tissages aux origines lointaines


Tradition ancestrale véhiculée par les tribus turques d’Asie Centrale, le tissage de kilim, zili, sumak et cicim (prononcer djidjim) est une activité artisanale qui perdure dans toute l’Anatolie. Cette technique a précédé celle du tapis noué à l’aspect velours. Les multiples fonctions utilitaires du tapis tissé (kilim) et parfois rebrodé sur les fils de chaine (zili, sumak, cicim), font de lui l’élément indispensable du confort de la yourte des nomades (isolation du sol, tenture de séparation, enveloppe pour ranger le linge, sac pour stocker ou transporter les céréales etc.) Il est aussi aujourd’hui un élément de décor des habitations de sédentaires. Ses dessins géométriques et ses couleurs  contrastées fascinent encore ici et hors des frontières.


Les motifs récurrents ont attisé la curiosité et laissent à penser qu’ils ne sont pas uniquement décoratifs, ni simplement soumis à des exigences techniques d’exécution.
Des études plus ou moins sérieuses se sont intéressées à la symbolique de ces dessins stylisés et à leurs dispositions jusqu’à y voir un véritable langage de signes.
La plupart s’accordent pour y déceler l’expression d’une survivance des croyances chamaniques des peuplades turques d’avant l’islamisation. C’est vraisemblable car elles n’ont encore aujourd’hui pas entièrement disparues de la mémoire collective et des traditions.
Les motifs évoqueraient donc les préoccupations tout autant matérielles que sentimentales et spirituelles des femmes qui les confectionnent : fécondité, fertilité de la terre nourricière, cycle de la vie et de la mort, soucis de se protéger de la maladie et des dangers pouvant menacer la descendance, de conserver l’union de la famille, etc.

Le médaillon central de ce kilim aux motifs particulièrement diversifiés, est orné d’une sorte de pompon
Les plus utilisés sont des représentations stylisées de mains sur les hanches (elibelinde), cornes de bélier (koçboynuzu), étoile (yıldız), eau courante (su yolu), main (el), peigne (tarak), crochet (çengel), yin-yang (birleşim), empreinte ou gueule de loup (kurt izi / kurt ağazı), aigle (kartal), scorpion (akrep), dragon (ejder), entraves (bukağı), feuille (yaprak), arbre de vie (hayat ağacı), oiseau (kuş).
Ces dessins ne sont pas uniformément représentés et les variantes d’une région à l’autre compliquent parfois le repérage. Certains sont associés à une tribu et seraient en quelque sorte un signe de reconnaissance, une signature.

Cicim de Bergama

Néophyte en la matière, malgré l’attrait qu’exercent sur moi ces compositions colorées, je ne me risquerais pas à vous en proposer des interprétations. Pour vous faire une petite idée des correspondances entre motifs et signifiants mieux vaut consulter des ouvrages de spécialistes, par exemple celui de Belkis Balpinar Acar, Kilim-cicim-zili-sumak Türk düz dokuma yaygıları, Eren yayınları 1982, qui vient de clôturer une exposition de ses créations personnelles au Cirağan. Ou demandez quelques éclaircissements à des vendeurs expérimentés comme Florence Öğutgen dirigeant le magasin Tradition (Kürkcüler Sk, Rubiye Han, No 11-12 - Kapalıçarşı, Istanbul) ou à Şişko Osman, (Zincirli Han No: 15,  Kapalıçarşı, Istanbul)             
C’est évidemment dans les boutiques du Grand Bazar d’Istanbul que l’on peut trouver le plus grand choix puisque des rabatteurs sillonnent toute la Turquie pour un approvisionnement continu, mais chaque région a ses lieux de production spécifique. Les plus renommées étant la région égéenne (Afyon, Aydin, Bergama, Denizli, Manisa, Uşak), l’Anatolie centrale (Aksaray, Çorum, Elmadağ, Kayseri, Nevşehir. Konya, Sivas), l’Anatolie orientale (Erzurum, Kars, Malatya, Van), le Sud-est anatolien (Gaziantep, Maraş), la côte méditerranéenne (Adana, Antalya, Fethiye), et la Thrace (Şarköy).

Kilim aux motifs figuratifs de fleurs et épis de blé trouvé près de Nevşehir 
Les kilims et autres tapis tissés ont donc beaucoup d’histoires à raconter à ceux qui s’attarderont à décrypter ces messages du quotidien d’époques lointaines…  
En les foulant avec moins de désinvolture, l’occasion vous sera donnée de faire un peu d’anthropologie et d’ethnographie dans votre salon.

samedi 5 mai 2012

Fèves en gousse à la turque


En Occident, il y a longtemps que la fève de la galette des rois a été remplacée par des petits objets en céramique divers et variés inspirés de thèmes religieux, des signes du zodiac et le plus souvent aujourd’hui de personnages de la bande dessinée. Le terme est resté cependant et les fabophiles en collectionnent quelques milliers.
Le légume, un des plus anciennement cultivé, a lui-même quasiment disparu de la gastronomie française, mais se trouve encore dans la cuisine espagnole, italienne et du Moyen Orient.    

En Turquie on en consomme la graine aussi bien fraiche que sèche, mais aussi les gousses particulièrement tendres en ce moment et en première ligne sur les étals des marchés.


Elles sont préparées à l’huile d’olive comme beaucoup d’autres légumes suivant les saisons (artichauts, haricots verts, poireaux, courgettes, pourpier… plats servis froids de la catégorie des zeytinyalı) et sont à l’honneur sur les tables familiales pour quelques semaines encore.


Elles ont une saveur qui surprend les papilles inexpérimentées. Malgré la ressemblance d’aspect avec les haricots verts, le goût en est bien différent, à la fois plus onctueux et plus astringent.
Un peu d’aneth et une cuillère de yaourt sont l’accompagnement indispensable des fèves en gousse. C’est une spécialité culinaire qui ne devrait pas être négligée des curieux de cuisine turque traditionnelle.