mardi 13 mai 2014

Dans la vallée phrygienne (2)

Commençons la journée, comme nous avions clôturé la précédente… par un nid de cigogne, celui-ci installé au sommet d’une cheminée de fée, quelque part dans un village juste avant d’arriver à Döğer, point de départ de la deuxième partie du périple.   


Comme on l’a déjà constaté, difficile de s’en tenir à un circuit thématique portant sur une seule période historique. Si l’objectif était bien de partir sur les traces des Phrygiens, particulièrement denses à l’intérieur du triangle formé par les villes de Kütahya, Eskişehir et Afyonkarahisar, on ne pouvait ignorer au passage les vestiges d’autres époques, ni les curiosités géologiques omniprésentes dans la région.

La pause suivante se fera donc sur la place de Döğer, près de la mosquée au minaret torsadé, pour visiter le caravansérail ottoman construit en 1434, sous le règne du Sultan Murat II. 



Le maire (en turc : muhtar) nous en ouvre les portes avant de nous offrir un thé. Au rez-de-chaussée, les chameaux et chevaux reprenaient des forces avant de continuer le voyage tandis que les caravaniers faisaient de même à l’étage.





Comme nous évoquons des sujets agricoles, le maire se propose de nous présenter à un producteur local de graines de pavot. Un spécialiste du marché aux épices ne perdant jamais complètement de vue ses activités professionnelles, c’est l’occasion de joindre l’utile à l’agréable et nous voila partis pour une petite heure de causette quelque part aux alentours du village et lestés de quelques échantillons.


J’avais espéré voir des champs de pavots en fleurs, culture traditionnelle mais très réglementée de la région d'Afyon... En lot de consolation en voici un pied tout juste en minuscule bouton près d'un muret.


Il est temps de partir explorer la vallée de Döğer, à la recherche de ses curiosités.







Aslankaya est un sanctuaire phrygien taillé dans la roche. Sa façade décorée de motifs géométriques est datée approximativement du 7e siècle av. JC.  Il faut quand même beaucoup d’imagination pour repérer dans la niche les vestiges de la déesse Cybele (Kibele) et des deux sphinx. Par contre sur le coté du sanctuaire, un bas-relief de lion rugissant dressé sur ses pattes arrières est encore bien conservé.





Un peu plus loin Memeç Kayalıkları. Habitations troglodytes probablement phrygiennes et vestiges d’églises. Cet ensemble rocheux a servi entre autres de décor cinématographique pour le film turc « A.R.O.G » mêlant science-fiction et préhistoire.



De curieux rochers bordent les rives du petit lac Emre gölu.




Entre Bayramaliler et Demirli, on s’attarde devant des paysages fascinants n’ayant rien à envier à ceux de Cappadoce.












Dans la vallée de Göynüş ou Köhnüş, de nombreuses sépultures phrygiennes sont aménagées dans des cavités. Certaines sont plus particulièrement décorées comme celle du site d’Aslantaş protégée par deux lions rugissants.





Près de là, une grosse pierre écroulée porte un relief de tête de lion et... un serpent? Moi j'y verrais plutôt la queue du lion... mais c'est une interprétation qui n'engage que moi!



Quelques mots sur notre halte suivante avant de poursuivre notre route vers Gordion (qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain article pour ne pas surcharger celui-ci)
La petite ville de Seyitgazi occupe le site de l’antique ville de Nakoleia, et a été renommée par les Seldjoukides pour honorer la mémoire d’un chef militaire, Battal Gazi, mort au combat contre Byzance en 740. Un complexe religieux réunissant son tombeau, une mosquée, une medrese, des cellules et salle de sema pour les derviches ainsi que des cuisines et une boulangerie pour la communauté et les distributions de bienfaisance, a été construit sur la colline en 1208 pour Ümmühan Hatun, épouse du sultan seldjoukide d'Anatolie Giyaseddin Keyhüsrev et mère du sultan Alaeddin Keykubad. Quelques modifications architecturales et ajouts auraient été réalisés au 15e et 16e siècles par les Ottomans.








Le complexe religieux seldjoukide aurait été construit sur l'emplacement d'un couvent. De fait on peut noter la réutilisation de quelques éléments byzantins ou antiques.




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