dimanche 10 février 2013

Les soldats de terre cuite au palais de Topkapi


De très honorables invités sont actuellement les hôtes du palais de Topkapi.


Depuis le mois de novembre et jusqu’au 20 février quatre soldats de terre cuite et un cheval appartenant à un ensemble de plus de 7000 statues retrouvées par hasard en 1974 près de Xi'an dans la province du Shaanxi en Chine font l’objet d’une remarquable exposition.


Evidemment il ne faut pas s’attendre ici au spectaculaire alignement dans les tranchées de l’armée de l’empereur Qin Shi Huang, unificateur de la Chine au 3e siècle av. JC, et entre autre, initiateur de la construction de la célèbre muraille.
Même à Xi'an, ce que l’on découvre dans les fosses dégagées ne serait qu’une partie de l’armée ainsi immortalisée pour l’éternité, à proximité de l’énigmatique mausolée de l’empereur défunt. Ce dernier n’a pas encore été exploré, dans l’attente de technologies plus sophistiquées qui limiteraient les risques de l’endommager.


Il n’en reste pas moins que ce que l’on peut en voir à Topkapi est très impressionnant. Le cheval, le général, le fantassin, l’archer et le conducteur de char sont bien représentatifs de l’ensemble et les panneaux explicatifs apportent une documentation complémentaire.
Sous une stricte surveillance (et interdiction formelle de photographier), ils offrent leur imposante stature aux visiteurs ainsi que la précision des détails.
Les soldats en terre cuite de cette armée impériale ont fait l’objet d’une fabrication méticuleuse et les traits, l’expression, la taille, l'uniforme et la coiffe sont tous différents, comme pouvaient l’être les hommes qui la composait, venant de toutes les provinces du territoire.


On a du mal à imaginer l’immensité de la tâche des artisans qui ont façonné ces personnages et le nombre d’années qu’ils y ont employé. Celle des archéologues n’est pas négligeable non plus puisque les fouilles continuent toujours sur le site évalué à plus de 50 km². Que dire de celle des restaurateurs qui ont dû reconstituer ce gigantesque puzzle en 3 dimensions puisqu’au moment de leur découverte aucune des statues n’était entière. En effet, la thèse d’un pillage effectué par les hommes du rebelle Xiang Yu, peu d’années après leur enfouissement, expliquerait la disparition de la plupart des armes des guerriers en terre, les traces de destruction volontaire et d’incendie ainsi que l’effondrement des plafonds de bois, roseaux et argile, portés par des piliers et recouvrant les fosses.
Les dernières découvertes de statues montrent qu’elles avaient été à l’origine peintes de couleurs vives après cuisson. L’exposition à l’air libre sans précaution dans les premières années de fouilles aurait été fatale à celles d’entre elles qui avaient échappé aux flammes.        

Les vitrines de la première salle à l’entrée présentent une sélection d’objets venant du Musée de Shanghai et de la "Cité Interdite" de Beijing  retraçant l’histoire des dynasties successives à travers leurs productions caractéristiques.
Un véritable voyage dans le sillon d’Evliya Çelebi,  Piri Reis, et Ibn Battûta qui ont apporté en leur temps des informations précieuses sur l’Empire du Milieu.
On connaît la fascination des Ottomans pour la céramique chinoise qui était en bonne place à la table du sultan et dont les collections sont parfois visibles au musée de Topkapi. On sait qu’ils en ont imité dans un premier temps les motifs avant que la production d’Iznik ne s’enrichisse d’autres décors qui ont fait sa renommée et son originalité.




Cette exposition temporaire trouve donc parfaitement sa place ici et il serait dommage de ne pas y consacrer une visite, d’autant qu’elle est installée dans une des bâtisses généralement non accessible qui compose le palais de Topkapi.
Fermé le mardi, ouvert tous les autres jours, entre 9h et 17h

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