L’exposition-rétrospective consacrée au peintre Henri
Rousseau (1844-1910), rassemble une
cinquantaine d'œuvres provenant des collections du musée de l'Orangerie, de la
Fondation Barnes à Philadelphie et d'autres institutions culturelles dont le
MoMa de New York.
Sur la palette du peintre figurent les noms de ses deux épouses
successives : Clémence et Joséphine.
L’artiste doit son surnom de “douanier” à son facétieux
ami Alfred Jarry, et le mythe du voyageur en terres lointaines fut propagé en
1914 par un article du poète Guillaume Apollinaire, admirateur du peintre qui n’avait
que rencontrer des militaires revenus de l’expédition au Mexique.
Autodidacte, ses toutes premières toiles signées datent
de 1877. Il n’abandonne son poste de fonctionnaire à l’octroi de Paris qu’en 1885
pour se consacrer totalement à la peinture et expose ses travaux au Salon des
Indépendants à partir de 1886.
Il rencontre Gauguin, Redon, Seurat, Pissarro.
L’exposition révèle sa détermination à faire reconnaitre
son talent et il s’avère que son ambition était grandement justifiée.
Henri
Rousseau. Portrait de Madame M. (1895-97). Huile sur toile, musée d'Orsay,
Paris.
Henri Rousseau, Les Pêcheurs à la ligne (1908/1909).
Huile sur toile, musée de l'Orangerie, Paris.
Henri Rousseau.
Rendez-vous dans la forêt (1889). Huile sur toile, Washington National Gallery
of Art.
Henri Rousseau ne prétendait nullement reproduire le réel mais sa
version onirique, laissant libre court à l’imagination, et en celà il est un précurseur des surréalistes.
Ce parti-pris, présent dans les portraits, les paysages est encore plus net dans les compositions
de jungles et forêts tropicales, avec fauves dévorants, singes farceurs, ou
personnages imaginés lors de ces promenades dans le Jardin des Plantes. Il disait parait-il : « Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand je pénètre dans
ces serres et que je vois ces plantes étranges des pays exotiques, il me semble
que j’entre dans un rêve. »
Une sensation que je recherche aussi en y déambulant le plus souvent possible!
Ne quittons pas l'univers fascinant de H. Rousseau sans évoquer sa monumentale toile, parsemée de fleurs de lotus géantes, malheureusement absente de l’exposition.
Henri Rousseau, Le Rêve 1910, huile sur toile, 204,5 x 298,5 cm, New York, The Museum of Modern Art.
Il décrivait sobrement ainsi son ultime chef d’œuvre: « Cette femme endormie sur ce canapé rêve qu’elle est transportée dans cette forêt, entendant les sons de l’instrument du charmeur ».
Un critique d’art de l’époque, Rémy de Gourmont, précise
le titre original de l’œuvre, Le Rêve de Yadwigha et ces vers de l'artiste inscrits sur une pancarte dorée placée sur le cadre.
Yadwigha dans un beau rêve
S’étant endormie doucement
Entendait les sons d’une musette
Dont jouait un charmeur bien pensant.
Pendant que la lune reflète
Sur les fleurs, les arbres verdoyants,
Les fauves serpents prêtent l’oreille
Aux airs gais de l’instrument
On sait depuis que Yadwigha fut une amie polonaise du peintre dans sa jeunesse.
« Henri Rousseau, l’ambition de la peinture », du 25 mars
2026 au 20 juillet 2026, Musée de l'Orangerie, Jardin des Tuileries, côté Seine
- Paris
Sources
Fascicule de l’exposition
Ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur le DouanierRousseau, Louis Gevart, BeauxArts, 2021



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