dimanche 11 octobre 2009

Safranbolu

Il y a quelques années (octobre 2003) je découvrais Safranbolu à l’occasion d’un voyage pédagogique avec la classe de CM2 du Lycée Pierre Loti.

Le voyage en car dura plus de sept heures mais en comptant de confortables pauses, dont une au Koru Motel sur la route de Bursa, destinées à canaliser l’énergie des bambins surexcités.
Nous eûmes quand même, dès notre arrivée, le temps de prendre un premier contact avec la charmante petite ville et son patrimoine architectural ottoman remarquable qui lui valut en 1994 d’être classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Près de 1000 bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles ont été restaurés dans les trente dernières années.

Pour avoir une vue de l’ensemble, la colline hıdırlık nous offrit un excellent belvédère puis, de l’autre côté, la tour de l’horloge, construite en 1797, dont le mécanisme fonctionne toujours comme nous l’expliqua le gardien.



Le premier diner à l’hôtel Havuzlu Konak se déroula dans un calme relatif… Les têtes brunes et blondes piquaient du nez dans leurs assiettes. Il était temps de prendre un repos bien mérité et on aurait demain matin plus d’enthousiasme pour admirer les hauts plafonds en bois sculpté sur lesquels l’instit tentait d’attirer l’attention sans succès… Attention, elle attendait une foison de dessins reproduisant minutieusement les motifs !

L’immense bassin qui donne son nom à la demeure et situé au centre de la salle où est servi le petit déjeuner va susciter plus d’intérêt, moins pour sa dimension architecturale que pour jouer à qui trempera son bras le plus profondément dans l’eau…


Mais il fallut partir découvrir les visites au programme… le « konak Emirhocazade », la « Kaymakamlar Evi » reconvertie en musée ethnographique où est mis en scène la coutume du haremlik (partie réservée aux femmes) – selamlık (partie réservée aux hommes).

kına gecesi - cérémonie préparatoire au mariage avec application de hénné


Chambre de cérémonie pour la circoncision
Aucun luxe ostentatoire. Les boiseries et les objets de la vie quotidienne forment l’essentiel d’une décoration simple et fonctionnelle.



dönme dolap - passe-plat pivotant
La pause déjeuner se fera sous les parasols de l’imposante « Bestami gözleme Evi » avec au menu des délicieux « gözleme » bien sûr… que les derniers servis attendrons avec une certaine impatience !

L’après midi sera consacrée à une promenade dans les rues du centre historique et en particulier dans le marché des forgerons qui fabriquent encore quantité de pièces destinées à l’agriculture et au matériel de construction.



La visite du village de Yörük Köyu (à une bonne dizaine de km) se fera le lendemain avec pour mission impérative de lever encore une fois les yeux vers les plafonds aux décorations plus champêtres mais tout aussi raffinées.


Les maisons ont été là aussi restaurées avec bonheur et elles sont également de dimensions imposantes. De quoi abriter derrière les hauts murs de soubassement un bétail important, contribuant l’hiver au chauffage naturel des pièces aux étages où vivaient plusieurs générations d’une famille au grand complet, se réunissant dans la cour intérieure pour trouver la fraicheur en été.


Plus encore qu’à Safranbolu, déambuler dans les ruelles procure un sentiment de quiétude intemporelle… et réserve des surprises comme ces grandes amarantes - queue-de-renard aux longs épis de fleurs rouges qui curieusement décorent le jardin de la buvette ou cette guirlande d’épis de maïs aux couleurs étranges.
Un employé municipal s’improvisa conférencier pour nous expliquer qu’il n’y a pas si longtemps les femmes venaient laver le linge sur la grande pierre centrale du lavoir qui a plus de trois siècles d’existence et où l’on a disposé pour plus d’authenticité des petites coupelles de poudre bleue d’indigo (civit en turc), utilisée encore aujourd’hui pour blanchir les tissus jaunis.


De retour à Safranbolu, nos dernières visites seront pour le « yemeniciler arasta », ensemble d’échoppes présentant l’artisanat local et en particulier celui de la fabrication des « yemeni », chaussons de cuir cousus sur place par les savetiers.


A ne pas confondre avec les foulards, imprimés ou non, brodés ou bordés de dentelles colorées qu’on désigne également sous le vocable « yemeni » et que l’on trouve aussi dans le marché doublement bien nommé.


Ombragé de treilles, l’endroit est tout à fait propice à la flânerie. Les enfants et leurs accompagnateurs n’en finissent plus de dénicher des petits souvenirs du voyage… sans oublier d’envahir, les yeux brillants de convoitise, la boutique historique du marchand de loukoums safranés.


Eh oui il y avait tant de choses à voir qu’on en a oublié le safran…

Un petit coup d’œil avant de partir sur la mosquée datant de 1778 qui donne son nom à la place Kazdağlıoğlu. Elle est fermée pour le moment tout comme le Cinci han (caravansérail construit en 1645) en restauration qui ouvrira ses portes d’hôtel luxueux en 2004.


Safranbolu, j’espère avoir bientôt l’occasion de te revoir !


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