mercredi 2 décembre 2009

Le marché égyptien ou marché aux épices (Mısır Carşısı)

Lieu de passage où la foule descendant du grand bazar et de Tahtakale, s’engouffre et se laisse emporter par les senteurs enivrantes, les lumières éblouissantes et les couleurs chatoyantes, avant de rejoindre embarcadère, station de tramway ou arrêt de bus… Cette foule qui coule, tout comme la pluie transformant parfois l’allée centrale en ruisseau ou rivière, qui se cogne aux badauds arrêtés devant un étale comme l’eau butant sur des cailloux avant de contourner l’obstacle et continuer son chemin.
Lieu mythique de rencontre qui m’a fait choisir l’exil…
Lieu attachant puisqu’il a lié mes pas à celui qui allait devenir ma moitié, mon compagnon de route…
Dans l’épaisseur de ses murs et sous ses voûtes le temps s’écoule encore au ralenti… dans un brouhaha bien oriental. Ne croyez pas ceux qui affirment que le lieu n’est plus fréquenté que par des touristes hélés par des vendeurs racoleurs. Deux mondes parallèles s’y côtoient et il serait dommage de réduire l’image.
Oui, c’est vrai que beaucoup ont sacrifié leur authenticité à l’attrait purement mercantile et en profitent pour arnaquer les clients de passage. Il faut quand même dire à leur décharge que les loyers sont exorbitants et qu’il faut bien vivre ! (Une des raisons de la disparition de nombreuses enseignes d’épices depuis 30 ans.)
Mais c’est encore aussi une caverne d’Ali baba où les initiés viennent chercher l’aromate, la plante médicinale qu’ils ne trouveront pas ailleurs, où les habitués s’attardent longuement pour bavarder avec un marchand devenu avec le temps un confident, un conseiller discret…
Laissons de côté toutes les boutiques de souvenirs, les bijouteries et autres vendeurs de babioles et revenons aux origines quand les commerçants du lieu n’étaient qu’épiciers et apothicaires.

Pendant l’époque byzantine, Génois et Vénitiens, maitres du commerce, vendaient ici les épices rares glanées sur la route de la soie. Vers 1660, plusieurs édifices furent ajoutés à la construction de la nouvelle mosquée (Yeni Valide Cami) dont une fontaine-sébil (Hatice Turhan Valide Sultan çeşmesi) qui existe encore et un marché couvert à coupoles, en forme de L qui s’appelait alors le marché de la Sultane mère, et qu’on nomma par la suite marché égyptien en référence aux fonds qui avaient permis de le construire (les impôts collectés au Caire). Il fut longtemps exclusivement réservé aux denrées alimentaires.
L’incendie de 1940 imposa une suspension totale des activités commerciales pendant 3 ans et une grande restauration fut effectuée en 1955. C’est à partir de ce moment que les commerces se diversifièrent mais l’aspect des boutiques d’épices resta inchangé jusque dans les années 70. Le commerçant servait les clients derrière un comptoir barrant l’accès, la boutique elle-même n’étant qu’une sorte d’entrepôt.


C’est ainsi que l’un d’entre eux, exilé de sa Crète natale y officiait dans les années 1920, et initia son fils, Cevat Güçlü, aux secrets des plantes. Ce dernier partagea ses connaissances botaniques avec des clients curieux et apprit à sélectionner, pour leur qualité, des produits aromatiques du monde entier. Sa fille, Ayfer Kaur, donna son nom à la marque en 1960 et ses deux petits-fils associés perpétuent aujourd’hui la tradition et s’emploient depuis plusieurs décennies à développer l’entreprise familiale. Quatre générations se sont donc succédé au No 7 et une cinquième s’apprête à prendre la relève.


Aujourd’hui, presque toutes les boutiques sont largement ouvertes. Pour trouver ce que l’on cherche ou découvrir des produits inconnus il est même conseillé de franchir les étales de loukoums accrocheurs. Tout le monde en vend… Ce n’est donc souvent que dans les arrière-boutiques qu’apparaissent les différences.
Des spécialistes de fruits secs ou d’épices, il y en a encore une douzaine sur les 86 magasins que renferme le bazar.

C’est là que vous trouverez les meilleurs produits, racines, bulbes, graines, baies, fruits, fleurs, feuilles, poudres ou essences pour confectionner des pâtisseries et des plats savoureux :
Des fruits secs classiques, raisins, abricots, figues, dattes, amandes, noisettes, pignons de pins, pistaches… à l’exotique pulpe de tamarin (demir hindi), indispensable pour la confection des chutneys et boissons acidulées… en passant par le petit dernier à la mode en ce moment : l’airelle rouge ou canneberge dont les vendeurs n’ont retenu que le nom anglais : cranberry (en turc : yaban mersini)
Des épices parfumées aux noms évocateurs, bien connus (poivres, safrans, piments, gingembre, cumin, clou de girofle, cannelle…) et d’autres moins (macis, cubèbe, cardamome, badiane…)

Et aussi des plantes aromatiques (thym, menthe, sauge, estragon…), des tisanes (tilleul, verveine, mauve ou aigremoine…) qui ont toutes des propriétés particulières et que nous utilisons le plus souvent sans les connaître, par habitude… et d’autres que nous n’utilisons pas par ignorance.
Une mise en garde cependant… Ne demandez pas au marchand de s’improviser médecin, il n’y est pas autorisé. Ne vous prenez pas non plus pour des apprentis sorciers. L’utilisation des plantes n’est généralement pas anodine… Mais tout un chacun a ses petites recettes…



Vous découvrirez aussi que les guirlandes de légumes séchés, aubergines, courgettes, poivrons, combos et autres... n’ont pas une fonction décorative mais que leur utilisation est très appréciée dans la cuisine turque.
Et si vous cherchez les introuvables… sucre candi à la ficelle pour vos liqueurs… sel marin au naturel pour votre moulin ou pour faire cuire une viande en croute… ne désespérez plus !




Enfin, puisque l’on évoque les spécialités culinaires, impossible de faire l’impasse sur le célèbre restaurant Pandeli, situé au 1er étage du bazar égyptien, à gauche après l’entrée face au pont de Galata et auquel on accède par un escalier aux marches usées par les visiteurs. On dit qu’il profite abusivement aujourd’hui d’une réputation d’excellence acquise il y a près de 100 ans. Ce n’est sans doute pas totalement faux mais le décor désuet et l’ambiance feutrée exercent encore leur charme et lui font mériter l’indulgence que certains veulent bien encore lui accorder.


Cette petite visite guidée est aussi l’occasion d’informer que depuis le printemps 2009, le marché égyptien ouvre ses portes également le dimanche.

A titre expérimental dans un premier temps, la décision vient d’être reconduite et semble avoir été adoptée de façon durable.

Le marché est donc ouvert tous les jours de la semaine de 9h à 19h sauf pour les fêtes officielles.

samedi 28 novembre 2009

La citerne de Philoxenus... et celle de Théodose


Un enthousiasme un peu trop hâtif m’avait fait écrire le texte qui suit fin 2006… (publié dans le journal de La Passerelle No 41)

Capitale Européenne de la Culture en 2010, Istanbul se prépare activement à l’évènement. La culture dans tous ses états est accueillie à bras ouverts par la ville. Festivals, biennales, expositions, ouvertures ou rénovations de musées se succèdent à un rythme soutenu et l’on a parfois du mal à suivre. La presse s’en fait l’écho régulièrement et j’ai voulu vérifier ce qu’elle annonçait à propos de la citerne des mille et une colonnes.
Moins vaste que la citerne basilique mais plus ancienne, elle se situe également dans le quartier de Sultanahmet en face du tribunal, (adliye). Les ottomans, admiratifs, lui donnèrent le nom de « binbirdirek » bien que la citerne n’ait que 224 colonnes, ou peut être « bindirdirek », impressionnés par la singularité des colonnes superposées. C’est la première version qui est retenue généralement aujourd’hui.

Construite vers 330 sous le règne de Constantin le Grand elle aurait été commandée par Philoxenus, un sénateur romain sous le nom duquel on désigne aussi parfois la citerne.

Restaurée il y a quelques années et utilisée malheureusement depuis 5 ans comme centre touristique et commercial, essentiellement des bars, des restaurants et des boutiques de souvenirs, elle va devenir un musée. Bonne nouvelle ! Malgré son nom enchanteur évoquant les contes de Shérazade, le lieu a été amputé cependant d’une grande partie de son charme initial par la surélévation importante du sol au cours de la rénovation. En effet, la particularité de cette citerne tient dans la hauteur surprenante de ses colonnes composées de 2 fûts superposés et reliés par une bague de marbre qui soutiennent les voûtes 15 mètres plus haut. Cela n’est plus visible que sur une surface très restreinte préservée heureusement et témoignant du passé. Mais pourquoi avoir remblayé tout le reste ? Regrettable initiative et parfait exemple d’intervention abusive mais il semble que l’on veut réparer l’erreur ou au moins la faire oublier en redonnant à la citerne un peu de sa noblesse. De centre commercial elle va devenir centre culturel. Un programme de concerts et d’expositions est prévu et devrait démarrer à l'occasion du ramadan.
Début septembre 2006, toutes les boutiques et cafés étaient effectivement fermés et l’espace central était occupé par une centaine de tables installées pour un grand tournoi d’échec, mais je n’ai pas constaté la moindre installation ressemblant de près ou de loin aux aménagements précédant un évènement artistique. Une maquette de 2,80m reproduisant le palais du Boucoléon, résidence maritime dans l’enceinte du grand palais des empereurs byzantins, ainsi que des reconstitutions en trois dimensions occupent cependant la partie la plus éloignée de l’entrée. Naissance timide mais prometteuse par le choix du thème puisque le lieu est contemporain du Palais. Si le musée-citerne d’Istanbul devient l’écrin des palais byzantins engloutis, la curiosité va me pousser à refaire un petit tour du coté de Sultanahmet bientôt…

J’y suis retournée au printemps 2009 et l’endroit était lugubre, sans la moindre trace d’une quelconque activité culturelle. Le billet d’entrée de 10TL inclut une boisson chaude… maigre réconfort ! Des seaux sont dispersés un peu partout pour récupérer l’eau qui suinte des voûtes…

A tout hasard j’ai dirigé mes pas vers la citerne de Théodose, "Şerefiye Sarnıcı", construite entre 428 et 443 sous le règne de Théodose II
Elle constitue le sous sol du bâtiment bleu (anciennement mairie d’Eminönü), Piyerloti caddesi.


Ses 32 colonnes ne sont actuellement plus visibles car la porte est close… pour cause de restauration.
Réouverture incertaine, peut être en 2010…


mercredi 25 novembre 2009

Boza - Boisson de l'hiver


Un appel un peu rauque, à la nuit tombée… C’est un vendeur ambulant qui porte dans les rues sombres sa provision de boza. Vous pouvez l‘entendre encore aujourd’hui, dans certains quartiers. Il nous prévient de l’arrivée de l’hiver dès la mi-novembre et continuera de lancer son cri chaque soir… booozaaa… jusqu’au printemps !
La boisson qu’il vous propose était connue des peuples d’Asie Mineure, il y a probablement 8 mille ans et dès le IVe siècle avant J.C. Xénophon y fait allusion, en précisant que la conservation se fait par enfouissement de pot en terre contenant la boisson fermentée.

Elle fut très appréciée des ottomans et on en retrouve la trace dans les livres de compte de tout l’empire. En 1635, on recensait à Istanbul, 300 boutiques de boza où travaillaient pas moins de 1000 personnes à sa fabrication. Il est précisé qu’il y a 40 autres boutiques où l’on fabrique une autre sorte de boza non alcoolisée avec du millet de Tekirdağ.
En effet, si le procédé de fabrication ne varie pas beaucoup, les céréales utilisées diffèrent au cours du temps et suivants les zones géographiques de l’empire : millet (darı), blé (buğday), riz (pirinç), mais (mısır), seigle (çavdar) ou orge (arpa). Le goût en est plus ou moins aigre, plus ou moins sucré, la consistance plus ou moins épaisse.

Beaucoup de pays de l’ancien empire ottoman ont gardé l’habitude de consommer cette boisson énergisante à base de farines de céréales légèrement grillées puis cuites avec de l’eau. On y ajoute de la levure de bière, de la mie de pain ou un peu de boza pour provoquer la fermentation.
Dans le Caucase, des familles d’origine turque préparent encore une boisson alcoolisée à 5° ou 6° comme on en trouvait dans les « bozahane » avant le XVIIIe siècle. A cette époque, de nombreuses boutiques furent fermées suite à l’interdiction de vente d’alcool.
Après 1839, la vente et la consommation de boza reprirent de l’essor grâce à une recette albanaise, à base de semoule de millet, légèrement sucrée, consistante et pratiquement non alcoolisée, assez proche de celle utilisée actuellement en Turquie.

Elle reste ici un symbole de convivialité et la boisson privilégiée des soirées hivernales en famille ou entre amis.
La boza bien fraiche, servie dans un verre, puis saupoudrée généreusement de cannelle, se déguste par petites gorgées, accompagnée de pois chiches grillés que l’on met généralement sur le verre de boza.
Vous pouvez vous laisser tenter par les nostalgiques vocalises du sympathique marchand mais la qualité du breuvage n’est pas garantie. Une fermentation trop avancée change le goût.


Faites plutôt le déplacement jusqu’au véritable sanctuaire de la boza à proximité de l’aqueduc de Valens dans le quartier de Vefa. Avant d’aller déguster votre boza, n’oubliez pas de vous munir d’un sachet de pois chiches grillés (leblebi) tout chauds. Tout est prévu, la boutique de fruits secs est juste en face…
Il ne vous reste qu’à pousser la porte du petit musée de la boza pour découvrir le décor vieillot, avec boiseries et colonnes miroitantes, qui n’a pas changé depuis 1930.
Atatürk, lui-même, a fréquenté ce lieu en 1937 et son verre est respectueusement exposé sous cloche.

Si vous appréciez les spectacles insolites de la rue, allez-y plutôt un dimanche en fin d’après-midi : vous y verrez le ballet des serveurs chargés de plateaux, distribuant les verres de boza aux clients qui attendent patiemment dans leurs voitures en stationnement.
A l’intérieur, l’activité est tout aussi intense. La dégustation peut se faire sur place mais les traditionnelles carafes de verre sont proposées pour la vente à emporter.




C’est en 1876 que les frères Haci Sadık et Haci İbrahim, arrivés d’une province du Kosovo depuis quelques années et fabricants de boza dans le quartier de Vefa, choisirent ce nom comme marque déposée, celle qui existe encore aujourd’hui.
Adresse : Katıp Çelebi Cad. No104/1 Vefa Mah. Istanbul

Texte et photos publiés dans La Passerelle info No 50, janvier 2009

mardi 17 novembre 2009

La campagne à Paris

A toujours vouloir explorer Istanbul, j’en oublie trop souvent de faire aussi la touriste à Paris et de flâner dans ses rues à la recherche de quartiers inconnus à découvrir. Elle est pourtant belle et surprenante ma ville natale. Elle cache des petits trésors tout près de grandes artères sans que le passant ne soupçonne leur existence… jusqu'à ce qu’on les découvre par hasard.
Celui-ci se trouve dans le 20e arrondissement, tout près de la porte de Bagnolet, sur une hauteur surplombant le boulevard Mortier et la rue Léo Chavez.



Par la place Octave Chanute, plantée d’arbres et agrémentée d’une fontaine, on y accède par un escalier qui monte vers des petites maisons : c’est la Campagne à Paris. D’autres rues à escaliers y mènent aussi…


Quartier bien nommé qui a vu le jour au début du 20e siècle à l’initiative d’une coopérative ayant pour objectif de loger des ouvriers et employés parisiens dans un esprit hygiéniste et social. Le programme de construction des 92 maisons conçues par des architectes différents, date de 1907 et la réalisation se poursuivra jusqu’en 1926, la guerre ayant interrompu durablement les travaux.

Derrière leurs façades en meulières, briques ou crépis, ces petits pavillons ne doivent plus abriter beaucoup de familles modestes pour lesquelles ils avaient été construits.

Ne rêvez pas trop… Ce petit coin de paradis n’est plus à la portée de tout le monde ! Ces « modestes habitations » dépassent allègrement le million d’euros aujourd’hui ! Elles font l’objet d’une attention toute particulière de la ville de Paris et le stationnement y est interdit depuis peu. Les riverains peuvent accéder à leurs garages en sous-sol par la rue Paul Strauss bien coquette aussi.

Une aubaine pour le piéton qui déambule tranquillement dans les petites rues pavées (rues Irénée Blanc et Jules Siegfried) et qui peut admirer sans réserve les marquises, les réverbères et les petits jardins fleuris.

dimanche 8 novembre 2009

Voyage au pays des Hittites - Yazılıkaya

Sur le site de Yazılıkaya

À moins de deux kilomètres au nord-ouest d’Hattuşa, se trouve un sanctuaire aménagé dans une anfractuosité naturelle du rocher. Il n’était pas couvert. Le culte hittite se pratiquait peut-être à l’origine à ciel ouvert. Le sanctuaire fut réalisé au XIIIe siècle av. J.-C. probablement par le roi Hattusili III. Son fils Tudhaliya IV s’est fait représenter dans la galerie et dans la chambre A avec le dieu Sarruma, fils du dieu de l’orage, Teshub, et de son épouse, Hébat.




La chambre B contient un relief représentant douze dieux défilant en procession. Ils portent une coiffure conique, un glaive à lame courbe et des chaussures à bouts relevés. Ces dieux n’ont pas été identifiés avec certitude. Cette procession incarne le passage d’une année à l’autre, qui aurait lieu, selon une vieille croyance indo-européenne, pendant une période symbolique de douze jours.


Le ciel recommence à s’assombrir… Il est temps de trouver un endroit abrité. Les peupliers enflammés par l'automne se dressent comme des bougies…


De retour à Çorum, une visite au musée s’impose…

L’imposant bâtiment construit en 1914 abritait à l’origine un hôpital puis par la suite différentes institutions éducatives. Un incendie l’endommageât en 1988 et sa restauration commençât l’année suivante. Ce n’est que le 11 mars 2003 que le nouveau musée de Çorum fut inauguré dans ces locaux.
Les collections se trouvaient auparavant dans un autre bâtiment du centre-ville, depuis octobre 1968.
Les visiteurs ne se bousculent pas et le gardien nous accompagne tout au long de la visite, méfiance, désoeuvrement… ou les deux à la fois ? De nombreuses vitrines comportent une affichette précisant que les photos sont interdites…Et pas question d’enfreindre les consignes. Nous sommes sous surveillance rapprochée !
Le tableau de chasse est donc inexistant.


La nuit est tombée mais nous n’avons pas tout vu ! Il faudra revenir pour visiter plus en détail la ville de Çorum qui vaut le détour, la forteresse seldjoukide, le pont ottoman de Koyunbaba… voir absolument Şapinuva, autre ville hittite, le canyon d’Incesu et les paysages des alentours… Et aussi les cigognes noires… Au printemps peut-être !

mardi 3 novembre 2009

Voyage au pays des Hittites - Hattusa

Entre temps, les nuages noirs sont partis plus loin… Expert en fouille, le chef de chantier… mais pas un pro de la pluie et du beau temps !

34kms plus au sud, allons découvrir Hattusa, la nouvelle capitale des Hittites à partir du XVIIIe siècle av. JC.
Vers la fin du XIXe siècle av. JC., les princes de Kuşara montrèrent leur suprématie sur les autres peuples installés en Anatolie: le roi Pithana et son fils Anitta vainquirent les rois de Hattusa et s’installèrent à leur place.
Sur le site de Boğazkale

Hattusa est inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO. La cité exerça une influence considérable en Anatolie et dans le nord de la Syrie au IIe millénaire av. J.C.
La capitale de l’empire hittite se caractérise par ses constructions monumentales et ses impressionnantes fortifications. Ces dernières reposaient sur un rempart de terre recouvert de pierres taillées. Le mur proprement dit, devait être fait de briques crues renforcées par des poutres de bois. Tous les 30 mètres environ, une tour rectangulaire s’avançait en saillie, comme le montre cette partielle reconstitution.
Les portes principales, en bois recouvertes de bronze, étaient flanquées de grandes tours. Les jambages de ces portes étaient décorés de sculptures de lion (porte des Lions XIV-XIIIe siècles av. J.-C.) ou de dieu (Porte royale ornée du relief du dieu de la guerre, Calcone). Un deuxième jeu de portes côté intérieur achevait de constituer une sorte de sas de sécurité.



Le passage souterrain de Yerkapi constituait une poterne de près de 83 m de long et passait sous les remparts.



Au sud de la citadelle, à Nisantaş, se trouve une inscription gravée sur une pierre de la chambre des hiéroglyphes. Cette inscription donne la généalogie du roi hittite contemporain du pharaon Aménophis IV. Si l’écriture cunéiforme était principalement utilisée sur les tablettes qui ont permis de connaître partiellement la vie quotidienne des hittites, les hiéroglyphes ornaient plutôt les monuments.


Bas-relief du roi Suppiluliuma II, chambre des hiéroglyphes


Au beau milieu des ruines, un cube de pierre verte lisse et brillante, qu’aucun document consulté ne mentionne.


Suite à l’invasion des peuples de la mer au XIIe siècle av. J.-C. et la destruction de la ville par le feu, le site restera plusieurs siècles abandonné avant d’être réoccupé par des Phrygiens au VIIe siècle av. J.-C.

lundi 2 novembre 2009

Voyage au pays des Hittites - Alacahöyük

Petit déjeuné englouti, coup d’œil sur la carte. Le Parc National de Boğazkale – Alacahöyük nous attend. Ces cités ont joué un rôle important dans l'histoire hittite.
Alacahöyük est à 45kms de Çorum.

Sur le site Alacahöyük

Probablement 1ere capitale des envahisseurs Hittites, Kuşara a été identifiée sur ce site, territoire des Hatti ou une fusion culturelle des deux civilisations a eu lieu.
Treize tombes royales de la période du Bronze Ancien (vers 2300 av. J.C.) ont été découvertes. Elles contenaient des objets en or, argent, électrum et en bronze tels que des statuettes, de la vaisselle rituelle, des bijoux et accessoires, des armes, ainsi que des étendards en forme de disques solaires. Les plus belles pièces sont exposées au Musée des Civilisations Anatoliennes à Ankara, mais quelques unes sont visibles au musée local du village qui expose également les premiers matériels des fouilles, des céramiques datant de l’ère chalcolithique, des tablettes couvertes d’écritures cunéiforme de l’époque hittite et des photographies relatant la découverte des tombeaux des treize rois hatti.
Durant la période hittite, la cité était protégée par de puissantes fortifications percées de portes monumentales dont la plus impressionnante est la Porte des Sphinx.

















Les fouilles archéologiques continuent et un homme de l’équipe regarde d’un œil expert et inquiet les nuages menaçants qui commencent à s’accumuler.
Ne traînons pas, il nous reste encore à faire d’autres découvertes, mais avant de quitter l’endroit, voyons les trésors du petit musée….







dimanche 1 novembre 2009

En route vers les vestiges de la civilisation hittite

Si vous avez 3 jours de libre (4 c’est mieux) voici une idée d’escapade dépaysante. Il n’est pas nécessaire de programmer longtemps à l’avance ce voyage. Une réservation par téléphone vous garantira une chambre d’hôtel à Çorum (il y a au moins 5 hôtels confortables). Par contre l’hôtel le plus près des sites à visiter : Mavi Ocak Otel près de Sungurlu est souvent réservé par des agences touristiques, il est donc difficile d’y trouver de la place.
Il faut compter 6h30 pour se rendre à Çorum, disons 7h en comptant la pose détente. On arrive à Ankara en 3h30 par le tunnel de Bolu (près de 3kms), inauguré le 23 janvier 2007 pour la voie Istanbul-Ankara et le 8 mai 2007 pour celle d’Ankara-Istanbul. On prend ensuite la direction de Samsun. Cette ancienne route Ankara-Samsun était en train de subir en 2007 une cure de rajeunissement. De grandes portions étaient opérationnelles. Les travaux sont peut être terminés actuellement.
Entre Kırıkkale et Sungurlu, le paysage défile, magnifique…

Il faut consacrer quelques heures de visite à la ville de Çorum, provinciale mais animée, qui fait son possible pour sauvegarder son patrimoine architectural ottoman et seldjoukide et sa réputation de capitale du pois chiche. On trouve ici des « leblebi » à toutes les sauces… Du classique simplement grillé, aux dragées chocolatées, en passant par la gourmandise du lieu : le pois chiche enrobé de miel et sésame…


.....Impatience d'être déjà demain pour enfin découvrir le parc national de Boğazkale-Alacahöyük.... Il y a presque vingt ans que j'attends ce moment!

vendredi 23 octobre 2009

Doğa için çal

Ecoutez et visionnez "Doğa için çal"


http://vimeo.com/6902099


De belles voix et un projet sympathique pour réveiller ceux qui dorment encore!

lundi 19 octobre 2009

La péninsule de Datça en octobre (suite et fin)

Revenons à nos contemporains et leurs habitations typiques datant du 19e siècle. En pierre nue ou blanchies à la chaux, elles font le charme des villages traversés. L’ancien Datça, bien à l’écart de la petite station balnéaire actuelle, en offre un exemple pittoresque, avec ses ruelles étroites et colorées où les artistes séjournent volontiers.

Le village de Reşadiye, avec son activité tranquille typiquement méditerranéenne, possède un joyau d’architecture ottomane, deux fois centenaire et dont les travaux de restauration ont débuté en 2002. La demeure qu’un notable se fit construire en 1809 et nommée : "Mehmet Ali Ağa konağı" a fait l’objet d’un programme de réhabilitation pour sa transformation en hôtel-musée.












Pour adapter sa nouvelle fonction à l’espace existant, le rez-de-chaussée derrière ses arcades de pierres, initialement destiné aux cuisines, écuries et dépôt a été modernisé et restructuré pour les besoins du service hôtelier et le confort des hôtes de passage, en particulier une bibliothèque et une cave inexistantes à l’origine.
Au premier étage un sofa ouvert donne accès aux 6 chambres dont la "baş oda", grande salle de séjour doublée d’une pièce secrète où le maitre se retirait pour éviter les visiteurs indésirables. Pour conserver la valeur historique de la bâtisse, tous les éléments décoratifs, plafonds, peintures murales et boiseries, ont fait l’objet d’un travail méticuleux pour préserver l’authenticité des lieux. Le hammam a été également conservé et restauré. Les pièces sont à destination hôtelière et les niches initiales de bains et d’armoires ont été transformées en toilettes et bains au confort moderne.

























Il fait bon prendre un verre ou un repas dans la cour décorée en son centre d’une fontaine en laissant errer son regard sur les volets, les poutres et l’ensemble de la demeure.














Une maison en pierre a été construite et rajoutée à l’ensemble pour usage de réception et chambres (aux prix plus accessibles). Elle s’intègre parfaitement au décor et les boiseries de cèdre, utilisées pour les portes et fenêtres, embaument l’atmosphère où se mêlent les senteurs des fleurs du grand jardin.

Les anciens moulins, bien dans l’axe du vent, ont parfois pour proches voisines les éoliennes nouvellement plantées sur les collines. Hier et aujourd’hui… l’ingéniosité de l’homme s’est renouvelée pour capturer les forces du vent. Espérons que le dieu grec Eole nous sera favorable et soufflera pour nous ramener un jour sur la pénisule.