dimanche 5 mars 2017

Le Voyage de la Reine de Saba à Jérusalem...

Prolongée jusqu’au 23 mars 2017, il est encore temps de voir tout près des Buttes Chaumont,  une riche exposition ayant pour thèmes le royaume de Saba et sa reine mythique qui entreprit un long voyage pour rencontrer Salomon, roi d’Israël, et mettre à l’épreuve sa réputation de sage et de juste.




La reine et son peuple vénéraient le soleil et les étoiles, mais les trois cultes monothéistes ont été fascinés par le personnage au point de lui donner une place dans les récits bibliques et coraniques, de revendiquer sa conversion au dieu unique.
Elle aurait vécu dans le sud-ouest de l'Arabie au 10e siècle av. JC. Au Yémen ou en Abyssinie (Ethiopie) ? Le mystère n’est pas résolu bien que des traces archéologiques semblent désigner la ville yéménite de Mareb comme la capitale du royaume sabéen sous le règne d’une reine nommée Bilqis. Mais la tradition éthiopienne fonde sa dynastie royale sur l’hypothétique Ménélik 1er fils de cette même reine de Saba (nommée Makeda) et de Salomon.





Ne serait-elle qu’un mirage dans le désert ?
Plusieurs pistes sont présentées et étayées par quelques 200 documents et objets judicieusement choisis, afin d’ancrer le mythe dans la réalité d’un lieu, d’une époque, d’une humanité en marche, de l’histoire…






Les spécialistes dénoncent bien sûr toutes les incohérences des différentes versions que ce voyage a inspirées, mais il n’empêche que dans ce petit espace d’exposition le charme opère. On se laisse embarquer à la suite de cette caravane conduisant la reine jusqu'à Jérusalem, chargée de présents somptueux évoquant toutes les richesses de l’Arabie, l’or, la myrrhe, les aromates et l’encens…


Espace Reine de Saba,  30 rue Pradier 75019 Paris
Exposition :" Le Voyage de la reine de Saba à Jérusalem... à la rencontre du roi Salomon ", tous les jours (sauf lundi) de 14h30 à 18h30 jusqu’au 23 mars 2017 inclus.

lundi 20 février 2017

Les envahisseurs au musée en herbe

Même pour les moins observateurs, impossible de ne pas avoir eu le regard attiré par l’une de ces étranges compositions de carreaux de céramiques collées sur une façade, au coin d’une rue. Surtout que depuis quelques années ils se font moins discrets!
Il y en a plus de 1200 à Paris… Au moins 5 à Istanbul depuis 2003… Près de 3500 sur la planète, dont 2 immergées au fond de l’océan et 1 dans l’espace !



Elles sont l’œuvre d’un artiste français se définissant lui même comme un AVNI, Artiste Vivant Non Identifié et connu sous le pseudonyme Invader.
Il colle incognito et toujours masqué ses envahisseurs de l’espace urbain. Il a commencé en 1998 en s’inspirant de l’iconographie des premiers jeux vidéo (Space Invaders, Galaxian, Tetris…) et en matérialisant les pixels des écrans avec des petits carrés (2,5 X 2,5) ou des carreaux (15 X 15) de céramique, associant ainsi une technique décorative très ancienne, la mosaïque, assemblage de galets (ex: Gordion, 8e siècle av. JC), puis de tesselles (ex: Antakya, 2e et 3e siècles), et une technique très récente, l’image numérique.  
Les sujets se sont diversifiés au fil des années en même temps que l’invasion de 68 villes dans le monde.



Ce phénomène participe au mouvement artistique du 21e siècle, le street art, qui refuse de confiner l'art dans les musées, et a choisi d’offrir ses créations au regard du plus grand nombre dans des endroits stratégiques et parfois inattendus, transformant ainsi les villes en un gigantesque terrain de jeu pour tout ceux qui ont su préserver une part d’enfance... ou le sens de l'humour!



Rien d’étonnant donc à ce que l’artiste Invader ait consenti à exposer pour quelques mois ses œuvres au musée en herbe, s’adressant aux enfants de 3 à 103 ans !
Une excellente occasion d’y emmener Elvan, mon petit fils et de lui faire découvrir cet univers ludique. Des bornes de jeux vidéo d’avant les tablettes, une carte du monde pour situer les mosaïques exposées dans la salle.





Moins connus, les surprenant tableaux en Rubik’s cubes doivent être regardé en prenant du recul sous peine de ne pas voir ce qu’ils représentent.





Et dans la dernière salle un grand tableau quadrillé et des magnets pour laisser libre court à la création en s'inspirant si besoin des modèles...




  
Elvan a été ravi de découvrir celui-ci dans son environnement habituel près du forum des halles, immédiatement identifié puisque Totoro est l'un de ses personnages favoris.



L'exposition « HELLO MY GAME IS… » est jusqu’au 3 septembre 2017 au Musée en Herbe, 23 rue de l’arbre sec, Paris 75001. 

mercredi 15 février 2017

Mosaïques animalières sur les façades parisiennes

Des mosaïques animalières il y en a de superbes à Istanbul. Elles témoignent pour la plupart d’un héritage byzantin et décorent l’intérieur d’édifices tels que le palais de Daphné dont les vestiges constituent le musée des mosaïques, ou encore l’église Saint Sauveur in Chora.



A Paris, on peut certainement en admirer dans quelques musées mais elles s’exposent aussi dans les rues pour le plus grand plaisir des flâneurs observateurs et curieux.
Dans le 11e arrondissement, à proximité de la rue de Charonne dans le passage Rauch, c’est une véritable ménagerie qui attire le regard des passants, transformant cet alignement d’ateliers en un parcours original et coloré. 



Leonor Rieti, artiste spécialisée dans le trompe-l’œil, a réalisé cette œuvre étonnante. Les animaux, échappés de leur cage, se sont refugiés sous les arcades pour contempler les passants en toute quiétude depuis 1990. Hôtes d’un palais imaginaire aux piliers surmontés d’une tête de femme sculptée, (peut être Artémis, mythologique protectrice), le rhinocéros, l’otarie, l’ours blanc, le singe, le lion, l’antilope, le dromadaire et la panthère noire n’ont pas trop souffert des intempéries ni de dégradations mal intentionnées.









Pas très loin de là, en suivant l’axe de la rue de Charonne pour traverser le boulevard Voltaire, vous aurez la surprise de trouver une autre panthère, rose celle-ci, et de facture beaucoup moins conventionnelle ! 


C’est l’une des 3 400 mosaïques de l’artiste Invader qui a commencé d’envahir les murs de Paris en 1998 et continue sa stratégie d’envahissement des villes de France et du monde entier… Je vous en reparlerai bientôt…


mardi 15 novembre 2016

Les bananes d’Anamur sur les marchés d’Istanbul

Laissez vous tenter par ces savoureuses petites bananes, vous ne le regretterez pas !
N’en prenez pas trop à la fois quand même car leur conservation est assez délicate. 4 ou 5 jours à peine avant de les voir noircir et s’amollir.
Sur la côte méditerranéenne turque, les bananiers ne sont pas que des éléments du décor.
La récolte des régimes se fait presque à maturité dans les plantations en terrasse ou dans les serres entre Alanya et Anamur. Ils arrivent sur les étals des marchés et sont débités sur place.


Les bananes d’Anamur, n’avaient pas de concurrence jusque dans les années 80 avant que le fruit ne soit importé toute l’année d’Afrique ou d’Amérique latine.
Je me souviens encore d’une savoureuse glace à la banane dégustée en 1975 dans une ruelle d’Alanya lors d’un premier séjour en Turquie. Nul doute que son parfum ne devait rien aux arômes de synthèse. J’en ai retrouvé le goût délicat en dégustant celle du glacier stambouliote Yaşar Usta à 4. Levent, à proximité de la station de métro desservant le quartier. Une bonne adresse pour les amateurs qui devront faire le difficile choix de quelques parfums sur une carte de 18 sorbets et 17 crèmes glacées, heureusement rarement disponibles en même temps mais selon les saisons.    


mardi 1 novembre 2016

Du 7 au 23 novembre à Paris, exposition d’aquarelles

Les sources d’inspiration des « Histoires d’eau » ne tarissent pas entre France, Turquie et autres horizons…
Cengiz Çapanoğlu et Nicole Charton nous ont fixé un nouveau rendez-vous.
A n’en pas douter, les artistes ont accumulé de quoi nous enchanter et nous dépayser. Entre autres, les paysages de Bodrum, sujet de prédilection de Cengiz.
Je n’y serai malheureusement pas, mais leur souhaite de tout cœur un franc succès et une abondante fréquentation du salon d’exposition du CISP, Centre d’Animation Maurice Ravel, 6 avenue Maurice Ravel, 75012 Paris.

mardi 25 octobre 2016

Le sanctuaire oraculaire de Didymes

En quittant la péninsule de Bodrum aux premières heures du jour, notre intention était de faire une pause petit-déjeuner près du site de Didymes et d’y faire une visite. Sur place une heure et demie plus tard, les petits cafés restaurants alentours n’étaient pas prêts à accueillir les éventuels clients, rares en cette saison, et les grilles du site encore fermées.
La route étant encore longue jusqu'à Istanbul, la pause s’est limitée à quelques photos en restant à la périphérie du sanctuaire, comme à l’époque  seule la prêtrise apollonienne y avait accès.


Aucune Pythie n’était cependant sur place depuis longtemps pour transmettre à Apollon la question du consultant, ni aucun prêtre pour délivrer en clair la réponse. Interroger l’oracle afin de s’enquérir de l’opportunité d’entreprendre l’exécution d’un projet et de ses chances de réussite n’était d’ailleurs pas au programme ! L’avenir est en pointillé et nous verrons bien assez tôt ce qu’il nous réserve.
Profitons de l’instant présent, et laissons nous subjuguer par une lumière matinale caressant les vestiges suggestifs de ce temple aux dimensions colossales, dont la construction, jamais vraiment finie, débutât au 4e siècle av. JC, probablement avec les mêmes architectes, Paionios d’Ephèse et Daphnis de Milet, que celui d’Artémis à Ephèse, l’une des Sept Merveilles du Monde dont il ne reste pratiquement rien.



Sanctuaires jumeaux pour les dieux jumeaux de l’Olympe.


Les diverses études et fouilles archéologiques menées par des Français, des Anglais et des Allemands depuis 1904, ont révélé qu’une première construction fut réalisée vers le 8e siècle av. JC, autour d’une source et d’un laurier sacré. Un autre édifice plus imposant la remplaça au 6e siècle av. JC, et reçu, entre autres, la visite d’un célèbre consultant nommé Crésus. Puis il fut dévasté par les Perses, un siècle plus tard, au moment de la révolte des cités ioniennes. La dynastie sacerdotale des Branchides y officiait et son fondateur Branchos y dirigeait un culte préexistant à la colonisation ionienne, mais les textes mythologiques mentionnent qu’il aurait reçu d’Apollon lui-même le don de voyance dans son sanctuaire oraculaire de Delphes, dont celui de Didymes devint le rival.

Tous les guides touristiques évoquent un ornement remarquable du temple, la sculpture de la tête de Méduse, l’une des trois mythiques Gorgones que Persée décapita pour venger Athéna de l’affront commis dans son temple par Poséidon et Méduse.
Mais sur le site deux bas-reliefs sont exposés pouvant y prétendre. 


Sur internet les photos sont innombrables, seulement le mystère demeure puisqu’on y trouve les deux représentations avec pour unique légende : tête de Méduse. Mon vieux guide bleu (édition 1974) qui pourtant reste une référence, ne m’a pas d’avantage fourni de réponse en l’absence de toute illustration photographique.

Les deux têtes, bien que très différentes portent les signes distinctifs de la chevelure en serpents et les ailes ainsi qu’un regard terrifiant censé pétrifier les ennemis. Le masque de la Gorgone Méduse étant le gage d’une protection contre les mauvais esprits pourquoi ne pas en multiplier les versions ?



Nous devons quitter les lieux pour reprendre la route… dommage j’aurais préféré emprunter ce chemin là … Ou suivre un peu la voie sacrée qui reliait le sanctuaire à la cité antique dont il dépendait, Milet, puis partir en arpenter les vestiges, 17 km plus au nord...


Dans la région de Söke, la récolte du coton a commencé. C’est un véritable ballet de tracteurs aux remorques chargées de la fibre végétale la plus utilisée au monde.


Mais le travail n’est pas terminé, il en reste encore dans les champs.



Et puis c’est le temps des melons Kırkağaç, les plus fameux dans la province de Manisa… Impossible de les rater, il y en a des montagnes sur des kilomètres au bord de la route…
Par contre en illustration il n’y aura que cette photo, car sur place, il pleuvait des cordes.