dimanche 22 mars 2020

Printemps parisien en confinement

Le ciel est bleu, tout n’est pas joyeux !


Le grand écart entre deux villes, entre deux pays c’est une gymnastique que je pratique depuis longtemps. L’éloignement géographique n’est plus un obstacle pour garder le contact et entretenir les liens familiaux et amicaux… Bien que de temps en temps, le besoin de se voir autrement que par écran interposé, d’être simplement ensemble, de prendre le temps de participer à une activité commune quelques instants, quelques heures, devient impérieux. C’était bien le motif de mon séjour qui devait être court mais intense en moments privilégiés ! Il ne sera ni l'un ni l'autre!
L’apparition localisée d’un virus qui s’est répandu en deux mois sur toute la planète a eu pour conséquence la paralysie, tardive mais drastique, des moyens de transport piégeant les imprudents voyageurs…  
Je ne me sens pas incluse dans la catégorie. Piégée certes mais imprudente pas vraiment. De la famille, des amis, il y en a ici et là-bas. Même si j’avais eu avant mon départ le 11 mars la certitude que je serais bloquée plusieurs mois à Paris, la décision d’annuler le voyage aurait été bien difficile. En Turquie, un premier cas de contamination venait tout juste d’être confirmé, alors qu’en France le compteur alimentait déjà les inquiétudes… Et justement pour cette raison, j’ai pensé que ma présence y serait plus utile ! Mais il me manquait alors un paramètre inenvisageable : la distanciation physique érigée en principe de survie, en seule protection efficace pour enrayer la progression du covid-19, était en passe de s’étendre bien au delà des frontières chinoises.
Chaque pays a concocté sa stratégie. En Turquie, les plus de 65 ans bien portants ou non sont assignés au confinement total. On compte sur la famille ou des bénévoles pour les ravitailler. A trois jours près je n’aurais plus eu le choix, les liaisons aériennes étant suspendues pour une durée indéterminée. Je serais dans ce cas, alors qu’ici la permission de circuler bien que strictement limitée est encore possible… Nous restent aussi les télé-bavardages sous formes variées, pour que l'isolement des personnes confinées en solitaire ne fasse pas plus de victimes que le virus! Les téléphones, tablettes et ordinateurs sont mis à rude épreuve pour s'enquérir de l’état de santé physique et psychique de ceux qui sont à quelques centaines de mètres tout autant qu'avec les éloignés de trois mille kilomètres, pour partager les informations (pas trop car on entend tous les mêmes discours), pour échanger des idées d'activités que l'on aura parfois bien du mal à mettre en pratique, pas faute de temps, mais manque de motivation!   

En soutien aux malades, à tous ceux qui ont l’obligation, le devoir de sortir quotidiennement affronter la menace de la contamination pour que les confinés puissent survivre, adressons leur des messages d’encouragement. En l’absence d’alternative, suivons les consignes dans la bonne humeur. 


Dans l’adversité efforçons nous de garder le sourire en attendant des jours meilleurs !   


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