vendredi 12 avril 2013

Le musée d’art moderne et contemporain d’Istanbul


Depuis son ouverture en décembre 2004 dans l'Entrepôt No4 réhabilité des quais de Karaköy, derrière la mosquée Nusretiye (construite au 19e siècle et actuellement en restauration), le musée « Istanbul Modern » expose des sélections de collections principalement composées d’œuvres de peintres turcs appartenant à la famille Eczacıbaşı. 




Regroupées ici sur initiative privée par la Fondation d’Istanbul pour la Culture et les Arts (İKSV), la présentation est évolutive et en moins de 10 ans d’existence a été réalisée sous différents titres évocateurs: Gözlem, Yorum, Çeşitlilik” (observation, interprétation, diversité), “Kesişen Zamanlar” (temps croisés), “Modern Deneyimler” (expériences modernes) et “Yeni Yapıtlar, Yeni Ufuklar” (nouvelles œuvres, nouveaux horizons).

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Geçmiş ve Gelecek”, la nouvelle présentation que l’on peut visiter depuis le 20 mars 2013, met l’accent sur les liens entre passé et futur, incluant peintures figuratives et abstraites, sculptures, photographies, dessins, installations et vidéos.
Par un arrangement différent de l’espace, les œuvres bénéficient d’une autre vision sur l’histoire de l’art, moins rectiligne, plus cloisonnée mais laissant les zones ouvertes sur le parcours chronologique et les différentes techniques. D’autres artistes, d’autres œuvres ont pris place parmi ceux et celles que l’on a pu déjà voir les années précédentes.
Mon regard est resté accroché par « Yangın » réalisée par Ramazan Bayrakoğlu en 2010, acrylique sur panneau de plexiglas, qui concrétise avec force la disparition des souvenirs, l’anéantissement du passé dont l’avenir renaîtra peut-être de ses cendres.

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Une corde sensible a vibré autrement devant « La mort du poète » de Cihat Burak, triptyque mettant en scène la vie et la mort de Nazim Hikmet de façon symbolique et surréaliste dans un puissant raccourci narratif. La composition a été exposée pour la première fois en 1968, commémorant le 5e anniversaire de la mort du poète exilé dans un contexte d’aspiration universelle au respect de la liberté de pensée, revendication toujours d’actualité quelque part…

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 Plusieurs visites ne sont donc pas superflues pour appréhender les interactions entre les différents courants artistiques, les convergences, la créativité des artistes turcs et leur contribution à la création universelle sur une centaine d’années. D’autant que des expositions temporaires complètent l’attractivité des lieux. En ce moment et jusqu’au 16 mai « Modernité ? Perspectives de Turquie et de France » est à voir au rez-de-chaussée. Le Comité Colbert est le mécène de cette exposition qui a pour objectif une réflexion sur la relation des artistes contemporains avec la modernité à la fois critiquée et perçue comme un champ de possibilités infinies. L’installation audiovisuelle « Strange fruit » de Hale Tenger, 2009, derrière son épais rideau de plumes de boa et avec ses deux globes renversés dans une quasi-obscurité ne devrait laisser personne indifférent. Une impressionnante remise en question de l’ordre du monde !  

Pour information, les possesseurs de la müzekart rouge bénéficient d’une entrée gratuite dans l’année. Pour tous, l’entrée est libre les jeudis. Le musée est fermé les lundis. 
Il est strictement interdit de photographier à l'intérieur du musée.

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