samedi 31 octobre 2015

Thermalisme à Balçova près d’Izmir

Les sources thermales de Turquie, “kaplıca”,  sont nombreuses à travers tout le pays (à proximité des villes d’Ankara, Afyon, Adana, Bursa, Dalyan, Denizli, Diyarbakır, Izmir, Konya, Kütahya, Manisa, Samsun, Sivas, Van, Yalova…). On en compte plus de 1500. Des thermes ont été construits pour exploiter leurs bienfaits depuis l’antiquité. Les ruines de Hiérapolis-Pamukkale, près de Denizli, en sont le plus spectaculaire témoignage. 
Le bain étant une véritable institution culturelle pour les Turcs, ils ne manquèrent pas d'ériger de splendides constructions au cours des siècles. On s'attend donc aujourd'hui à d'élégantes et luxueuses installations. C'est souvent le cas... mais pas toujours!   

En ce début d’automne, on a testé Balçova termal otel à 8km du centre-ville d’Izmir. Les premières installations (dont il ne reste aucun vestige) auraient été fréquentées par Agamemnon en personne pendant la guerre de Troie ! Adossé à la montagne, le complexe est situé dans un cadre verdoyant, propice à la détente et à la marche, que l'on découvre après avoir franchi le portail monumental.


Par contre les espaces intérieurs de l’hôtel manquent assurément de charme. 
Ils auraient besoin d’un sérieux rafraîchissement et d’un effort de décoration. Les chambres, petits déjeuners et buffets dînatoires sont cependant convenables pour des tarifs attractifs.
Les installations thermales, mieux entretenues, sont groupées à une centaine de mètres dans un centre de soins. Le côté thérapeutique prend donc le pas sur le côté relaxation attendu, mais on oublie le désagrément en se plongeant avec délice dans les bassins d’eau chaude à remous de 30 à 35 degrés, dont un à l’extérieur, et en se laissant masser les épaules et le dos sous de puissants jets revigorants. En matinée, les lieux sont presque déserts.



Pour les amateurs, il y a aussi sauna et hammam à disposition. Vu la température de saison (18/20°C) déjà un peu fraîche, les deux piscines découvertes avec toboggans aquatiques étaient fermées mais la grande piscine couverte située dans le parc était accessible.
De quoi se mettre en forme, sans s’éterniser sur place, et réaliser sans regret une incursion dans la péninsule de Çeşme avec quelques haltes sur sa côte nord, et une visite d’un site archéologique qui vient d’ouvrir ses portes au public en juillet 2015 : Metropolis. Excursions qui feront l’objet de prochains articles.



vendredi 23 octobre 2015

Rendez-vous manqué avec les Seldjoukides

Pendant l’été un événement d’intérêt historique s’est déroulé à Istanbul au musée des arts turcs et islamiques, place Sultanahmet dans l’ancien palais d’Ibrahim pacha, sur l’initiative de la municipalité de Selçuklu et avec le soutien du ministère de la culture et du tourisme, entre autres.
J’avais vu une affiche et programmé sans précipitation une visite en octobre…


Aucune date n’apparaissait cependant sur le site officiel de l’exposition. Elle s’est terminée le 30 septembre. Reste la déception d’avoir raté le fruit d’une organisation minutieuse et d’un long travail de recherche portant sur une période déterminante de l’histoire puisqu’elle témoigne de l'étendue de l'empire des Grands Seldjoukides (1038-1157) concernant pas moins de 21 pays actuels (en orange sur la carte) et des premiers peuplements turcs en Anatolie avec la constitution d’un état indépendant, le sultanat des Seldjoukides de Rum (1077-1308) (en jaune sur la carte).

   
Dommage qu’une exposition dont la presse a relayé avec force louanges l’inauguration le 28 juin et dont les organisateurs ont vanté son caractère éminemment pédagogique n’ait pas été prolongée en automne, saison plus propice aux visites muséales ! Plus de 200 pièces provenant de musées et de collections privées ont été rassemblées pour faire connaître cette période médiévale marquée certes par de sanglantes conquêtes et de nombreuses batailles pour les consolider, mais aussi par un développement culturel et commercial d’envergure.
Les vestiges architecturaux (palais, forteresse, caravansérail, medrese, türbe, complexe religieux…) sont assurément omniprésents dans plusieurs provinces de Turquie, en particulier à Konya, la capitale des Seldjoukides de Rum. Au gré des pérégrinations il n’est pas rare de trouver quelques artefacts dans les musées à Istanbul, Ankara, Iznik (éphémère capitale), d'autres vestiges représentatifs à Amasya et ailleurs, mais il n’est pas toujours facile d’imaginer la vie quotidienne, l'éducation, l'artisanat, ni même les activités commerciales de l’époque. Pouvoir apprécier l’ensemble des connaissances sur le sujet n’aurait pas été superflu.  
En multipliant les liens vers d’autres articles de ce blog, j’invite les curieux à partir sur les traces de cette prestigieuse civilisation et vous recommande vivement la lecture des romans bien documentés de Gisèle Durero-Köseoglu. Pour ma part je viens de relire le premier tome La Sultane Mahpéri (2004) ayant pour cadre historique l’apogée de l’empire seldjoukide de Rum. 
Je suis déjà captivée par le second, paru en mai 2015, Sultane Gurdju Soleil du Lion, que j'ai commencé il y a quelques jours.


   



dimanche 11 octobre 2015

Turquie en deuil

A l’appel des syndicats DISK et KESK, d’organisations professionnelles TTB (médecins) et TMMOB (architectes et ingénieurs), tous ceux qui voulaient affirmer leur opposition au pouvoir en place se rassemblaient ce samedi 10 octobre à Ankara pour revendiquer leur désir de paix, de démocratie, de sécurité d'emploi. 
Cette mobilisation pacifique a été la cible d’un attentat suicide. Un effroyable carnage, une escalade dans l’horreur : au moins 95 morts et des centaines de blessés.
Je pleure avec la Turquie en deuil en attendant de la voir relever la tête.