jeudi 7 avril 2011

Souvenirs d'une fille unique (3)

Les biscuits "à plat ventre"

Bonjour, je m’appelle Patita*, j’ai environ 4 ans et je donne sagement la main à ma maman pour aller faire les courses à la coopérative de la rue d’à côté. Sur une étagère, il y a des gâteaux secs dans les bocaux, juste à portée de mon regard. Comme je dis bonjour à tout le monde, les gens me trouvent gentille et m’offrent souvent une friandise…

Aujourd’hui, ayant suivi mon regard de convoitise, c’est un biscuit inconnu que je trouve très beau que l’on me propose. Je dis merci à la dame et le grignote avec délectation. Il est à mon goût !
De retour à la maison je tente d’expliquer à mon papa l’objet de ma gourmandise en avançant la main, paume vers le sol, dans un petit mouvement qui veut décrire la face parfaitement lisse du biscuit. Absorbé par ses pensées, il ne comprend ni mon geste ni mon charabia et lance : « à plat ventre ? » Voilà comment un petit rectangle croquant aux coins arrondis, avec glaçage au café sur une face, doré sur l’autre s’est retrouvé désigné par cette expression curieuse qui nommera désormais dans la famille le fameux biscuit, même plus tard quand on le retrouvera empaqueté dans les rayons des grandes surfaces…

 


D’abord commercialisé par la biscuiterie néerlandaise Verkade il sera vendu sous la marque de la biscuiterie belge Delacre. Du pareil au même de toute façon puisque c’est le groupe United Biscuits, multinationale d’origine britannique, qui a racheté le premier en 1990 et le deuxième en 1998.

Quand j’en ai grignoté la première fois, ils étaient vendus au poids. Pas d’emballage, pas de date de péremption… Dans mon souvenir ils étaient moins sucrés qu’aujourd’hui, avec un goût de café plus prononcé… Ils étaient et sont toujours mes biscuits préférés.
Ma mère en a toujours un paquet dans le placard pour mon arrivée à Paris. Mais ils sont de plus en plus difficiles à trouver… les « café noir » (plutôt couleur café au lait que café noir d’ailleurs). Vont-ils disparaitre ?

 

*Patita… C’est mon père qui a choisi mon prénom. Il avait vu un film au cinéma « Le Magic » du Creusot quand il y était opérateur, bien avant de monter à Paris. L’héroïne s’appelait Patricia et il s’était dit… J’aurai une fille et lui donnerai ce prénom. Mais quand on est petite ces trois syllabes ne sont pas faciles à prononcer.
Il n’est plus là pour le dire ni pour me souhaiter aujourd’hui : « Bon anniversaire ma fille » avant de passer au plus vite le téléphone à maman. Même si l’on ne se parlait pas beaucoup, il me manque. C’est étrange comme ce vide, les semaines et les mois passant, au lieu de se combler lentement, se creuse chaque jour un peu plus. Sans doute qu’une présence sait se faire plus discrète que l’absence.
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1 commentaire:

  1. Et voici mom commentaire le plus original de l'année: Bon Anniversaire! Je saurai quoi t'offrir quand tu passeras chez nous!

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