samedi 4 avril 2009

Aphrodisias en avril

Depuis des années on devait y aller…
Un séjour à Izmir fut l’occasion de la découvrir en avril 2008… Pas moins de 240 km nous attendaient…

Après avoir quitté l’autoroute Aydın-Denizli, un peu après Nazilli, des panneaux indiquent la proximité du site. La petite route qui mène à Geyre traverse la campagne verdoyante plantée de vignes et de figuiers… Une cigogne évolue majestueusement au dessus de nous…



Jusqu’au dernier moment, rien ne laisse deviner qu’on approche du but ! Aphrodisias continue à se fait désirer. De la route, c’est à peine si l’on distingue le contour du stade qui s’étire au milieu des champs.
Sur la gauche le parking et à droite le site… Le transport de l’un à l’autre se fait en remorque tirée par un tracteur… Pittoresque mais pas vraiment confortable ! L’ancien parking tout à coté du site est fermé et bien gardé par les « jandarma » Dessous il y a des trésors, nous confie un gardien. Des fouilles sont prévues à cet emplacement. Et ce qui apparaît au premier regard c’est en effet cette impression qu’il y a ici encore beaucoup de vestiges à découvrir… Et que les moyens financiers ne sont pas à la hauteur de la tâche !
Sur ce haut plateau de l'Anatolie occidentale, au nord-est de la Carie, les fouilles d'Aphrodisias ont révélé son extraordinaire beauté. Toujours en cours, elles sont moins avancées que celles d’Ephèse, mais Aphrodisias rivalise depuis longtemps avec la cité d’Artémis, tant ses vestiges sont remarquables.





Aphrodisias a commencé d'attirer voyageurs et archéologues dès le XIXe siècle. Des fouilles ont été menées au début du siècle par le français Paul Gaudin, puis dans les années 30 par l'équipe italienne du professeur Giulio Jacopi.
A partir de 1961, un programme de fouilles d'études et de restauration, dirigé par le professeur Kenan Erim, (jusqu'à sa mort en 1990), a regroupé des chercheurs américains, anglais, français, italiens et autrichiens. Les campagnes continuent à se succéder chaque année sur ce site qui est l'un des plus spectaculaires de Turquie.

Habitée depuis le néolithique, Aphrodisias fut le centre de culte de la Déesse mésopotamienne de l'amour et de la guerre Ishtar, connue plus tard sous le nom d'Aphrodite. Le culte d'Aphrodite (aussi fort que celui d'Artemis à Ephèse) attirait un très grand nombre de pèlerins et la cité devint un centre artistique et culturel. Réputée pour son enseignement de la philosophie, de la médecine, de l'astronomie, elle sera célèbre pour son école de sculpture qui produira des oeuvres largement répandues dans l'empire romain.

Un violent tremblement de terre, en 350 et 360, détruira la plupart des bâtiments. La remontée des nappes d'eaux souterraines inondera la cité. La proclamation par l'empire byzantin du christianisme comme religion d'état, en 391, marquera la fin difficile du culte d'Aphrodite. Le temple sera converti en église. Aphrodisias, rebaptisée Stavrapolis (Cité de la Croix) deviendra un évêché. Constantin fera détruire les plus beaux monuments pour édifier des remparts qui ne résisteront ni aux raids seldjoukides, ni aux Turcs qui raseront la cité lorsqu'ils envahiront l'Anatolie entre les XIème et XIIIème siècles. La région, fragilisée par les incursions arabes en provenance de l'Est sous le règne de l'empereur Héraclius, ne sera pas épargnée par les conflits religieux, les crises économiques et les épidémies. Un violent tremblement de terre, dans les années 640-641, provoquera des dégâts considérables. Tamerlan rasera de nouveau la cité en 1402. La fertilité des sols de la région favorisera le développement du village de Geyre à partir du XVème siècle.
Un nouveau séisme, en 1956, détruira le village construit sur les ruines et permettra aux archéologues d’entreprendre un véritable programme de fouilles.


Le Tétrastoon était un lieu de réunion et de marché d'où les citoyens avaient accès au théâtre.



















Le Théâtre d'une capacité de 10 000 spectateurs fut construit durant la période tardive hellénistique (100 av.J.C.) et modifié à la fin du IIe siècle ap. J.C.

La ville s’ornait d’une vaste agora de 205 x 120 mètres entourée de portiques. Le portique de Tibère constitue le seul vestige d’une basilique où l’on a découvert une statue colossale pesant plusieurs tonnes. Il conduisait aux thermes datant d’Hadrien.


En Passant... un peu de botanique... Mauve et camomille



Les Thermes d'Hadrien (début du IIe siècle ap. J.c.) étaient un imposant centre thermal composé d'au moins cinq grandes galeries, d'une palestre (cour à colonnades) et de nombreuses salles destinées aux diverses phases du bain romain (caldarium, tepidarium, sudatorium...). On peut encore voir, par endroit, le sol pavé de dalles noires et blanches…



L'Odéon, de forme semi-circulaire comportant 12 rangées de sièges décorées de pattes de lion, pouvait recevoir 1 700 personnes. Des dauphins chevauchés par Eros étaient sculptés sur les accoudoirs de marbre. L'orchestra était orné de mosaïques et de statues conservées au musée d'Aphrodisias. Il était relié à l'Agora qui aligne des portiques ioniques et où se trouvaient les statues d'importants personnages de la cité.


Eros chevauchant un dauphin .....











..... Et patte de lion


Le Stade qui autrefois accueillait sportifs et gladiateurs est remarquablement bien conservé. Il mesure 262m de long sur 59m de large avec 22 rangées de gradins et pouvait contenir environ 30 000 spectateurs.

Le Temple d'Aphrodite
Au centre de la cité, s’élève le temple d’Aphrodite construit au Ier siècle av. J.-C. sur un sanctuaire plus ancien. C’est l'un des plus importants édifices dédiés à la déesse de la nature, la beauté, l'amour et l'abondance. Il ne reste que 14 colonnes ioniques des 40 qu’il a compté. Il fut converti en basilique chrétienne au Ve siècle par les Byzantins.


Dans l’alignement du temple on aperçoit plus loin le majestueux Tetrapylon qui devait constituer l’entrée principale de la ville antique.
A l’arrière plan, la chaîne de l’Akdağ, dominée par le dôme du Baba Daği (2308m) coiffé d’un bonnet blanc et la tête dans les nuages.



Le Tetrapylon ou Propylon est une porte monumentale du II siècle ap. J.C., élevée sous Hadrien d'où partait une voie menant au Temple d'Aphrodite.



A proximité du Tetrapylon, sur les lieux où il a dirigé les fouilles pendant 29 ans Kenan Tevfik Erim repose depuis novembre 1990.


Le musée abrite une impressionnante collection de sculptures de mosaiques et de sarcophages.

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